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Alors que la SPCA Hamilton-Burlington (SPCAHB) évalue qu’entre 30 000 et 45 000 chats vivent actuellement dans les rues de Hamilton et que les refuges de la région débordent, le nombre de demandes de prise en charge est en constante augmentation.
Darlene Ross dirige le refuge pour chats abandonnés depuis près de 30 ans et n’a jamais vu autant de demandes.

Selon la SPCAHB, Hamilton compte entre 30 000 et 45 000 chats errants, c’est-à-dire des chats sans foyer.
Photo : Radio-Canada / Aura Carreño Rosas
Je reçois quatre ou cinq courriels par jour de personnes qui me demandent de l’aide, avoue-t-elle. Malheureusement, je pense que c’est dû au prix de la nourriture et de la litière pour chats.
Le nombre d’abandons d’animaux domestiques est en hausse depuis quelques années. Les efforts des refuges et associations de protection animale ont grandement contribué à sensibiliser le public au problème des chats errants, mais la situation reste critique.
Entre 2020 et le 1er novembre 2025, la SPCAHB a recueilli plus de 3000 chats.
En 2020-2021, 437 chats ont été abandonnés à la SPCAHB. De 2021 à 2023, ce nombre est passé à 1038. De 2023 au 1er novembre 2025, 1526 chats ont été abandonnés.
L’association Home at Last Rescue a constaté une tendance similaire, avec 35 chats abandonnés en 2021, 97 en 2022, 95 en 2023, 90 en 2024 et 120 en 2025 en date du 19 novembre.
Un chat dans la rue?
Bien qu’il soit obligatoire de garder les animaux domestiques sur la propriété de leur propriétaire dans la Ville, cela n’empêche pas certains de laisser leurs chats se promener librement.
Mme Ross explique que la plupart des gens, lorsqu’ils voient un chat dans la rue, pensent d’abord qu’il appartient à l’un de leurs voisins.

Un chat est assis dans une cage au refuge de la SPCA Hamilton-Burlington.
Photo : Radio-Canada / Aura Carreño Rosas
Dans certains cas, il peut être judicieux d’appeler la SPCA, un refuge pour animaux ou de contacter un organisme de sauvetage. Toutefois, elle précise que ces services sont souvent débordés. C’est pourquoi il existe quelques démarches que les particuliers peuvent entreprendre avant de passer un coup de fil.
Se renseigner auprès du voisinage est une bonne première étape, conseille Mme Ross, afin de s’assurer que le chat n’appartient à personne.
La meilleure chose à faire ensuite serait d’emmener le chat chez un vétérinaire. La plupart des cliniques proposent de vérifier la micropuce d’un animal gratuit.
Si le chat n’a pas de propriétaire et n’est pas stérilisé, c’est là qu’un refuge ou la SPCA peut intervenir.
Stephanie Muir, responsable des chats errants à la SPCAHB, explique qu’une chatte non stérilisée peut avoir trois à quatre portées par an, chacune comptant de six à huit chatons, et que les chatons femelles peuvent être fécondés dès l’âge de quatre mois.
La reproduction est très rapide, et si rien n’est fait pour la contrôler, leur nombre ne cessera d’augmenter et leur population ne diminuera pas, souligne Mme Muir.
Beth Koruna, qui dirige l’organisme Community Cat Pawsibilities de Hamilton, indique que, même si la population de chats errants est restée globalement stable, la sensibilisation accrue du public a permis de mieux faire connaître le problème, ce qui a fait augmenter les besoins.
Les chatons nés dans la rue ont entre 25 et 50 % de chances de survivre, explique Mme Koruna, et ceux qui survivent ne vivent que quelques années.
En revanche, stérilisés, nourris et disposant d’un abri, les chats errants peuvent vivre plus de 10 ans.
On constate qu’ils se portent beaucoup mieux. Ils sont en bien meilleure santé, indique Mme Koruna.
Des chats errants près de chez vous?
Pour les chats errants, la SPCAHB propose un programme dans le cadre duquel elle procède à la stérilisation et à la vaccination des animaux. Les chats stérilisés sont ainsi relâchés à leur lieu de capture et généralement marqués d’une petite coupure à l’oreille, explique Mme Muir.

Les chats ayant participé au programme capture, stérilisation et relâche (CSR) ont souvent une oreille coupée, ce qui facilite leur capture.
Photo : Radio-Canada / Aura Carreño Rosas
De cette façon, précise-t-elle, la population féline peut être réduite de manière humaine. Cela permet également à la SPCAHB de suivre le comportement des chats après la stérilisation afin de déterminer s’ils pourraient s’adapter à la vie en foyer et être proposés à l’adoption ou relâchés.
Les personnes qui connaissent plusieurs chats errants vivant dans une grange ou près de chez elles peuvent s’inscrire comme soigneurs bénévoles et se charger de nourrir les animaux.
Ils resteront dehors, car c’est leur habitat naturel , explique Mme Muir. Beaucoup d’entre eux s’épanouissent bien mieux en liberté qu’à l’intérieur.
J’adore ces animaux!
Construire des abris d’hiver est aussi un excellent moyen de protéger les chats errants pendant les mois froids. Le 1er novembre dernier, Mmes Ross et Koruna se sont réunies avec cinq autres femmes pour construire une trentaine d’abris à partir de conteneurs en plastique et de panneaux isolants.
C’est vraiment agréable d’être avec des personnes qui partagent la même passion et qu’on surnomme parfois "folle aux chats". On se comprend toutes et on partage les mêmes préoccupations , confie Mme Ross.
Elle ajoute que faire un don à un refuge local, qui fonctionne principalement grâce à des bénévoles, peut aussi contribuer à soulager les besoins des chats de la communauté.
Le poids émotionnel peut-être lourd, indique Mme Ross, qui confie que, parfois, le nombre de courriels est tellement important qu’elle doit fermer son ordinateur et s’éloigner un instant.
Il y a la SPCA et les services animaliers, mais ils sont débordés… De nombreux petits groupes de sauvetage se forment pour essayer d’aider du mieux qu’on peut , explique-t-elle.
J’aime tellement ces animaux! Les chats sont ma passion, et je continuerai à les aider aussi longtemps que je le pourrai.
Avec les informations d'Aura Carreño Rosas, CBC News


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