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Charles Milliard promet de préserver le «patrimoine diplomatique» du Québec

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Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, s’engage à rétablir le financement de l’Association internationale des études québécoises (AIEQ), supprimé par le gouvernement caquiste il y a deux mois.

« Un gouvernement libéral va rétablir le financement de l’AIEQ », a-t-il déclaré mercredi après-midi lors d’une causerie devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM). Venu y présenter son plan pour faire rayonner le Québec sur la scène mondiale, Charles Milliard a exprimé son désir de préserver le « patrimoine diplomatique » de la province.

Le PLQ est le second parti, après le Parti québécois, à s’engager formellement à rétablir les activités de cette association qui réunit 500 chercheurs dans plus de 40 pays.

Le 13 avril dernier, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) avait annoncé la fin du financement de l’AEIQ, justifiant sa décision par des motivations économiques. Le comité exécutif de l’AIEQ et d’anciens ministres québécois des Relations internationales s’étaient ensuite mobilisés, sans succès, dans l’espoir de faire annuler cette décision.

« À la CAQ, on coupe le financement de l’AIEQ. Trente ans d’efforts diplomatiques remarquables, pour un budget de [seulement] 250 000 $ », a déploré Charles Milliard mercredi devant un parterre de quelques centaines de personnes.

Dénonçant les torts causés selon lui par la CAQ au monde universitaire, le chef libéral a également mentionné sa volonté de retirer le plafond d’étudiants étrangers admis dans les établissements d’enseignement supérieur du Québec.

La francophonie comme levier économique

Dans une série d’échanges avec le directeur du Devoir, Brian Myles, qui assurait l’animation de l’événement, Charles Milliard a affirmé que le français devait être vu comme un « avantage stratégique » en matière économique, notamment pour le développement de nouveaux marchés.

« La croissance est en Afrique », a-t-il souligné en suggérant d’y accroître la présence du Québec. Le tout en maximisant les retombées de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne, « qui ne porte pas tous ses fruits en ce moment ».

Le chef libéral a aussi invité le public à considérer le potentiel économique des organisations internationales francophones. « On les voit beaucoup dans une perspective culturelle, diplomatique, mais quand on les amène sur le terrain de l’économie, elles peuvent jouer un rôle », a-t-il dit, citant l’exemple de TV5 Unis, qui sert de vitrine internationale à la culture et à la langue d’ici.

Des délégations plus « indépendantes »

Le chef libéral a également dénoncé la trop grande priorité accordée par la CAQ à la diplomatie économique. « Il faut un juste retour du balancier pour garder la vigueur économique, et donner plus d’indépendance à nos missions diplomatiques », a-t-il soutenu.

Souhaitant donner une pleine indépendance au ministère des Relations internationales et de la Francophonie, Charles Milliard a souligné qu’il ne « doit pas être sous la tutelle du ministère de l’Économie » — comme il l’est actuellement, selon lui. Il s’est aussi engagé à lui fournir un « budget de qualité » en insistant sur l’importance du rôle des délégations du Québec pour faire rayonner la culture québécoise.

Sans fermer la porte à la création de nouvelles missions diplomatiques, Charles Milliard a refusé de s’engager à doubler le nombre de délégations à l’étranger comme l’a fait le Parti québécois. Le chef libéral a dit vouloir « renforcer le réseau » et en maximiser l’efficacité, mais est demeuré évasif sur les manières d’y parvenir.

Charles Milliard était le quatrième chef de parti politique à exposer sa vision internationale devant le CORIM, après Paul St-Pierre Plamondon (Parti québécois), Éric Duhaime (Parti conservateur du Québec) et Ruba Ghazal (Québec solidaire). Ce cycle de conférences s’inscrit dans l’initiative « Le monde dans l’urne » du CORIM, réalisée en partenariat avec Le Devoir et l’agence de relations publiques TACT, qui vise à faire connaître les positions des principaux partis à propos de la place du Québec sur l’échiquier international.

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