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Ce n'est pas nécessairement la richesse d'un pays qui détermine ses émissions de gaz à effet de serre liées à l'alimentation, mais plutôt la richesse individuelle de ses habitants, selon une nouvelle étude de l’Université de la Colombie-Britannique.

Les chercheurs ont voulu savoir qui, dans le monde, a l’empreinte carbone liée à l'alimentation la plus importante. Pour ce faire, ils ont analysé les données d’une centaine de pays.

Il s'agit de comprendre, dans chaque pays, qui sont les plus gros émetteurs d'émissions de gaz à effet de serre lié à l'alimentation. Ce ne sont pas toujours les pays les plus riches. Cela dépend également des préférences alimentaires et des pratiques de production alimentaire, explique Juan Diego Martinez, qui a dirigé la recherche en tant que doctorant à l'Institut pour les ressources, l'environnement et la durabilité de l'Université de Colombie-Britannique.

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Photo : Getty Images

Ce qui ressort de cette étude, c’est que, peu importe le pays, ce sont les personnes les plus riches, de chaque pays, qui émettent plus de gaz à effet de serre liés à l'alimentation.

Geneviève Chatelain, chargée de projets à Équiterre, admet que ce n’est pas une surprise, mais le fait de mettre de l’avant ces données permet de taper sur les bons clous.

On vient mettre la loupe pas seulement sur l'alimentation, qui est un choix individuel ou culturel, mais aussi sur le fait que c'est intimement lié avec la justice sociale et les inégalités sociales.

Les préférences et les pratiques de production alimentaire font que certains pays les plus pauvres se trouvent parmi les pays les plus pollueurs.

L’étude a démontré que 44 % de la population mondiale devrait modifier son alimentation pour que le réchauffement climatique ne dépasse pas 2 °C.

Cela signifie que beaucoup de gens doivent modifier leur alimentation, dit Juan Diego Martinez. Au Canada, par exemple, c’est près de 90 % de la population qui devrait changer d'alimentation.

Au Canada, nous avons le luxe d'avoir beaucoup de choix et nous sommes habitués à avoir des produits frais presque toute l'année. En consommant davantage de produits de saison, nous réduirions notre empreinte écologique.

Des pistes de solutions

Juan Diego Martinez tient à dire que chaque action compte, même si le changement dans l’alimentation est minime. Il explique que le fait de remplacer le boeuf par des protéines animales qui ont des effets sur l'environnement moins important, comme le poulet ou le porc, c'est déjà mieux que de manger du bœuf.

Le bœuf est vraiment l'aliment le plus émetteur de GES dans nos menus et ça, c'est très clair. Chez Équiterre, ça fait longtemps qu'on préfère parler de végétalisation des plats, d'aller vers des protéines plus végétales plutôt que parler de végétarisme, dit Geneviève Chatelain.

Juan Diego Martinez et Geneviève Chatelain s’entendent pour dire que manger plus de fruits et de légumes, réduire le gaspillage alimentaire et sensibiliser les jeunes aux problèmes des GES sont de bonnes bonnes solutions pour réduire les GES liés à l’alimentation.

Juan Diego Martinez.

Juan Diego Martinez croit que chaque action compte pour aider la planète, si petite soit-elle.

Photo : Fournie par Juan Diego Martinez

Juan Diego Martinez sait que ce n’est pas facile de faire comprendre aux enfants qu’il faut manger plus de fruits et de légumes, mais dit qu'il est possible de trouver une forme de compromis.

J'ai mangé exclusivement végétarien pendant plusieurs années. Mais mes enfants étaient difficiles en matière d'alimentation et avaient des problèmes de prise de poids. J'ai décidé d'intégrer des protéines animales dans leur alimentation, et pour éviter le gaspillage alimentaire, je finis par manger leurs restes. Je suis devenu omnivore pour cette raison, dit-il avec le sourire.

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