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Changer d’avis, garder ses convictions

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Publié le 22 mars 2026 à 11:12. / Modifié le 22 mars 2026 à 11:14. 3 min. de lecture

La chronique de Marie-Hélène Miauton

Depuis 1999, notre chroniqueuse revient chaque semaine sur un événement récent.

Retrouvez toutes toutes ses chroniques

Bien sûr, les hommes et les femmes politiques ont le droit de changer d’avis pour autant qu’ils ne changent pas de convictions. Un avis, étymologiquement «ce qui est vu comme bon», n’est qu’une opinion subjective qui peut donc évoluer au gré du contexte, si de nouveaux éléments justifient de modifier l’analyse. Les convictions s’apparentent au contraire à des certitudes ancrées dans des valeurs. Elles expriment une perception mûrement réfléchie et durable, qui engage la personnalité de celui qui les revendique et définit son corpus politique. Malheureusement, ces deux notions très différentes se confondent souvent chez les élus. Au lieu de s’en tenir à des faits, dûment soupesés dans un contexte donné, menant à une prise de position rationnelle, ils présentent la moindre décision comme si elle résultait d’impératifs moraux indiscutables, et tout vire à l’idéologie, voire au dogme. Pourtant, ils se contredisent désormais sur des questions centrales. Quelques exemples.

Le 10 mars 2026, au Sommet mondial sur l’énergie nucléaire, on a pu entendre l’Allemande Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, affirmer que réduire la part de l’atome en Europe avait été une erreur stratégique qui l’a détournée «d’une source fiable et abordable d’énergie à faibles émissions». En tant qu’ancienne ministre de la chancelière Angela Merkel au moment où elle a résolu de bannir le nucléaire en 2011, elle avait pourtant applaudi des deux mains, jugeant cette décision justifiée et responsable. Elle n’est pas la seule à avoir négocié ce grand virage bord sur bord et plusieurs pays européens encensent désormais cette forme d’énergie qui avait donné lieu à une réprobation relevant de la foi plus que de la science. Pour preuve, ses partisans furent excommuniés ou salis comme appartenant forcément au fameux lobby nucléaire. Heureusement, le gouvernement allemand, lui, ne change pas d’avis et campe sur un refus net de l’atome civil. Il s’intéresse en revanche beaucoup au nucléaire militaire, en lorgnant le parapluie français. Comprenne qui pourra!

En toute transparence

Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.

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