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Des changements à l’aménagement urbain sont nécessaires pour rendre les vagues de chaleur plus tolérables à Toronto, croient des spécialistes. L’été dernier, les avertissements de chaleur ont été en vigueur pendant 29 jours au total, soit près du double de l’année précédente.
Cette semaine, la Ville a annoncé sa stratégie pour aider les Torontois, et plus particulièrement les personnes vulnérables, à passer à travers les épisodes de chaleur intense.
Toronto prévoit un certain nombre de mesures : 500 places supplémentaires dans les centres de rafraîchissement, des heures d’ouverture étendues dans des piscines municipales et des distributeurs d’eau mobiles, entre autres. Mais des changements à plus long terme sont aussi nécessaires pour faire face au réchauffement climatique.
Dans une ville comme Toronto, plusieurs conditions sont réunies pour favoriser le réchauffement, constate le professeur Richard Boudreault, du Département des sciences de la Terre et de l’environnement à l’Université Waterloo. Les buildings qui reflètent le soleil, le soleil touche au sol, le sol accumule la chaleur. Et en plus de ça, vous avez un système de métro qui peut permettre aussi l'échange de chaleur entre les endroits très chauds, comme le centre-ville, et d'autres endroits.
Naturaliser le plus possible les secteurs bâtis
D'un côté, on veut que nos villes soient relativement denses, fort peuplées, observe l’architecte Éric Turcotte, d’Urban Strategies. Sauf que la densification aussi veut dire qu'on a moins d'espace autour des bâtiments qui sont des pelouses, des boisés.
Le professeur Boudreau souligne que Toronto refroidit certains grands édifices avec l’eau du lac Ontario, ce qui est positif. Il croit qu’en plus de planter des arbres presque matures dans les îlots de chaleur, des jets d’eau, qui pulvérisent des gouttelettes dans l’atmosphère, devraient être installés sur les grandes places.
L’aménagement de souterrains, pour permettre aux gens de se déplacer d’un édifice à l’autre sans sortir, est aussi une option, quoique plus coûteuse.

Planter des arbres matures crée de l'ombre et augmente la quantité d'oxygène au niveau de la rue. (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
La volonté politique
Des mesures comme les toits verts aident aussi de réduire la chaleur et l’humidité.
Éric Turcotte constate toutefois que l'objectif actuel de faciliter la construction de logements s’accompagne de pressions pour réduire les exigences, comme les objectifs élevés d’efficacité énergétique, pour réduire les coûts. La province est en train de dire aux villes de finalement minimiser ces règles-là.
Les changements climatiques ne vont que s’aggraver, rappelle-t-il. Ce qui est important, c'est vraiment de penser que oui, les choses peuvent coûter un peu plus cher aujourd'hui, mais est-ce qu'on fait des communautés qui vont être bien adaptées aux conditions futures?
Les comités d’experts font des recommandations, mais, en fin de compte, souligne-t-il, ce sont les politiciens qui prennent les décisions.
Richard Boudreault fait valoir que, d’une part, changer les infrastructures prend beaucoup de temps et, d’autre part, les acteurs du monde politique ne perçoivent pas la rapidité avec laquelle la situation [environnementale] a changé.
Présentement, il y a un recul de l'intérêt des particuliers dans le domaine environnemental, constate-t-il, mais on se dit qu'à mesure que les effets vont devenir très tangibles, comme le réchauffement d'une ville, comme les inondations à répétition et un ensemble de facteurs qui sont reliés au aux changements climatiques, les gens vont reprendre intérêt à l'environnement et faire reculer les gouvernements sur terre qui n'en font pas assez pour changer la situation.
D’après les informations de Soraya Kettani


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