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Présentée en 2023 comme l’un des piliers d’une relation bilatérale enfin stabilisée, la coopération migratoire entre Madrid et Rabat n’a pas empêché l’afflux massif de ces derniers jours. La crise éclaire les limites d’un dispositif ancien, renforcé par étapes mais toujours dépendant de la volonté politique des deux voisins.
Passer la publicitéDes dizaines de milliers de migrants ont rejoint Ceuta en quelques heures, parfois à la nage, après un relâchement des contrôles côté marocain. Selon les sources espagnoles citées par la presse du pays, les gendarmes marocains auraient même quitté certains postes pendant plusieurs heures, laissant des familles entières franchir à pied le passage du Tarajal. Madrid a pourtant évité toute accusation publique contre Rabat, préférant saluer son «excellente coopération» et organiser l’arrêt des départs puis le retour d’une grande partie des arrivants.
En février 2023, l’Espagne et le Maroc affirmaient pourtant avoir consolidé une «nouvelle étape» de leur relation. Un an plus tard, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez déclarait encore : «Je crois que nous avons mis en place une coopération que je qualifierais d’exemplaire.» Comment un système présenté comme stabilisé a-t-il pu être débordé aussi brutalement ?
Un dispositif bâti par strates
Il n’existe pas un unique «accord migratoire de 2023». Madrid et Rabat…


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