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La meilleure nageuse canadienne, Summer McIntosh, s’entraîne aux États-Unis depuis 2025. Loin d’être une exception, plusieurs jeunes talents canadiens filent au sud de la frontière pour rejoindre un programme universitaire où, ils l'espèrent, atteindront leur plein potentiel.
La NCAA offre un environnement très spécial. Les programmes universitaires là-bas balancent très bien la vie de nageuse et la vie académique, lance Ella Jansen, 20 ans, une jeune pépite ontarienne qui a fait le choix de rejoindre l’Université du Tennessee dès 2022.
Je peux aller là-bas, obtenir un baccalauréat tout en me concentrant sur ma carrière de natation, et je ne paye même pas. Ça fait une grosse différence, explique-t-elle.
Jansen aura probablement quelques bonnes histoires à raconter à ses coéquipières une fois de retour au pays de l’Oncle Sam : elle a remporté trois des quatre courses auxquelles elle prenait part lors des essais canadiens de natation, qui prenaient fin jeudi, à Montréal.
J’ai encore plus en moi, je peux aller chercher de meilleurs temps, mais je suis vraiment contente d’avoir obtenu trois 1res places, se réjouit Jansen.
Jeune en âge, mais forte en expérience, elle avait déjà pris part aux Jeux olympiques de Paris, en 2024, terminant au 11e échelon au 400 m quatre nages et au pied du podium au relais 4 x 200 m.
Je pense à Los Angeles depuis Paris. Je suis très excitée de voir ce que je peux donner au Canada. Lors des deux dernières années, j’ai évolué pour être plus confiante en moi, je suis aussi plus constante dans la piscine.
Un choix individuel
Pour le directeur de la haute performance et entraîneur national de Natation Canada, John Atkinson, le bassin de talents canadiens allant se développer aux États-Unis n’est pas une raison de s’inquiéter, rappelant que cela a toujours été le cas.
C’est un choix individuel. Certains le font en raison du volet académique, d’autres le font parce qu’ils veulent s’entraîner dans un programme précis, indique-t-il.
La manière que j’ai toujours regardé cette situation, c’est que ce n’est pas différent des autres sports, comme le basketball, où les athlètes vont s’entraîner dans d’autres pays, mais ils sont tous Canadiens, et on les supportera, peu importe où ils sont, ajoute Atkinson.

John Atkinson
Photo : Radio-Canada / Théo Cantin
D'autant plus que tous ne choisissent pas la voie américaine. Loïc Courville-Fortin, natif de Repentigny, a décidé de poursuivre ses études à l'Université McGill.
J’ai regardé pour partir, tout le monde devrait regarder, mais j’ai décidé de rester au Québec. On a de bonnes choses à offrir ici, affirme Courville-Fortin.
Fort d’une 2e place au 50 m dos aux essais nationaux, il a été sélectionné pour représenter le Canada aux Championnats panpacifiques au mois d’août, à Irvine, en Californie. Mary-Sophie Harvey, qui avait été forcée d’abandonner la compétition à Montréal, sera aussi dans l’équipe.
Les parcours vers des médailles olympiques ne se ressemblent pas nécessairement. On a eu des athlètes qui se sont toujours entraînés au pays et qui en ont gagné, souligne Atkinson.
La Canadienne Sophie Angus, membre de l’équipe qui a terminé 4e au relais 4 x 100 m quatre nages aux Jeux de Paris, est une autre athlète au parcours divergent, rappelle-t-il. Elle a été élevée aux États-Unis, elle est allée à l’université là-bas, mais s’entraîne maintenant en Ontario.
On peut toujours regarder du côté du gouvernement pour voir comment on peut mieux supporter les athlètes qui restent ici, conclut Atkinson.


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