Sous un pavillon blanc du parc du Lac de la solidarité (Tuanjiehu), entre les deuxième et troisième périphériques de la capitale chinoise, Deng Hailin sifflote de joie. «La semaine dernière, j’ai arpenté le parc des Fleurs et je n’ai croisé que des gamines qui faisaient des selfies sous les pêchers. J’étais déçu car ça m’a coûté des sous d’y aller. Et là, partout, je vois des aînés qui chantent, jouent d’un instrument et c’est le bonheur. Aujourd’hui, je vais me poser devant cette petite fanfare. On verra bien», promet-il avant de fixer son smartphone sur un trépied.
Cet homme au sourire doux a 70 ans, dont vingt à faire pousser les tomates cerises dans les serres de Yuncheng, dans la province du Shanxi. Sa pension de paysan, 160 yuans [18,50 francs] par mois, l’empêche de lever le pied. «Les gens du peuple, on ne connaît pas la retraite», balaie-t-il. Alors depuis dix ans, malgré son âge avancé, Deng Hailin travaille à Pékin: en ce moment comme nettoyeur des urinoirs de la ligne 6 du métro, qui traverse la capitale d’est en ouest. Il gagne 150 yuans [17 francs] quotidiennement. A chaque jour de repos hebdomadaire, il enfile de beaux habits et part chanter dans les parcs tout en se filmant. En six mois de streaming en direct, il s’est forgé une communauté d’environ 11 000 fans.


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