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L’asthme est aujourd'hui la maladie chronique la plus fréquente chez l'enfant. En France, entre 10 et 16 % des jeunes seraient concernés selon Santé publique France, un chiffre en hausse depuis plusieurs décennies. Si la pollution, les allergènes ou encore le tabagisme passif sont régulièrement mis en cause, les chercheurs s'intéressent désormais de plus en plus à l'alimentation.
Dans une étude publiée dans la revue scientifique Allergy, des scientifiques espagnols montrent qu'une forte consommation de certains produits du quotidien pourrait être associée à un risque d'asthme presque quatre fois plus élevé chez les enfants.
Et si l’asthme commençait aussi dans l’assiette ?
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs de la Clínica Universidad de Navarra ont suivi 691 enfants espagnols pendant environ 3,4 ans. Aucun d'entre eux n'était asthmatique au début de l'étude. Leur alimentation a été analysée grâce à un questionnaire détaillé, puis les produits consommés ont été classés selon la classification Nova, qui distingue les aliments selon leur degré de transformation industrielle.
Les chercheurs ont ensuite comparé les enfants selon la proportion de calories provenant d’aliments ultra-transformés : céréales sucrées, sodas, biscuits industriels, nuggets, plats préparés ou encore snacks emballés. Résultat : lorsque plus de 30 % de l'apport énergétique quotidien provenait de ces produits, le risque d'apparition d'un asthme était multiplié par 3,76.
Les chercheurs tirent la sonnette d’alarme : les aliments ultra-transformés sont liés à 12 maladies graves !
Une série d’articles du Lancet alerte sur les risques sanitaires liés aux aliments ultra-transformés et appelle à des mesures publiques fortes. Les chercheurs y détaillent une feuille de route pour freiner leur omniprésence et proposent une réglementation renforcée, du marketing aux étiquetages, jusqu’à l’alimentation dans les institutions.... Lire la suite
« Cette association persistait après ajustement pour de nombreux facteurs », précisent les auteurs, notamment le poids, le temps d’écran, le tabagisme parental ou encore les habitudes alimentaires familiales. L'étude reste observationnelle et ne démontre donc pas une causalité directe, mais le signal statistique est suffisamment marqué pour interpeller les spécialistes.
Encore plus surprenant, les chercheurs n'ont retrouvé aucune association significative avec les autres maladies allergiques classiques, comme l’eczéma ou les allergies alimentaires. Cela suggère que les aliments ultra-transformés n'agiraient pas principalement par une réaction allergique classique, mais peut-être via des mécanismes inflammatoires plus diffus.
Selon l'étude espagnole, les enfants dont l’alimentation contenait le plus de produits ultra-transformés présentaient un risque d’asthme presque quatre fois plus élevé. Les chercheurs estiment que l’alimentation pourrait influencer l’inflammation des voies respiratoires dès le plus jeune âge. © monticellllo, Adobe Stock
Microbiote, inflammation, additifs : plusieurs pistes sont étudiées
Depuis plusieurs années, les scientifiques soupçonnent les aliments ultra-transformés d'altérer le microbiote intestinal et de favoriser une inflammation chronique de bas grade. Plusieurs hypothèses sont évoquées dans cette étude : excès de graisses saturées, déficit en fibres, additifs alimentaires ou composés issus des procédés industriels de cuisson.
« Les régimes de type occidental, riches en aliments ultra-transformés et en additifs, perturbent les barrières épithéliales et favorisent une programmation immunitaire pro-inflammatoire aux conséquences durables, même après la petite enfance », rappelle également une revue publiée en 2026 dans Asia Pacific Allergy, qui souligne l'importance de l'alimentation dans le développement du système immunitaire dès l'enfance.
Plus largement, les aliments ultra-transformés font désormais l'objet d'un consensus scientifique croissant concernant leurs effets potentiellement délétères sur la santé. Une série d'articles publiée dans The Lancet et relayée par l'Inserm rappelait récemment que 92 études prospectives sur 104 retrouvaient une association entre ces produits et diverses maladies chroniques.
Les auteurs ne recommandent pas de bannir totalement les produits industriels, mais ils insistent sur la nécessité de limiter leur place dans l'alimentation quotidienne des enfants. Car le seuil identifié dans l'étude est loin d'être exceptionnel : dans plusieurs pays occidentaux, les aliments ultra-transformés représentent déjà plus d'un tiers des calories consommées par les enfants et adolescents.
Nouvelle découverte médicale : des chercheurs danois identifient enfin pourquoi certains enfants échappent aux allergies
Une étude danoise publiée dans Nature Microbiology éclaire d’un jour nouveau la façon dont le système immunitaire se construit dès la petite enfance, et pourquoi certains enfants développent moins d’allergies que d’autres.... Lire la suite
Pour les chercheurs, ces résultats renforcent l'idée que la prévention de l'asthme, et plus largement d'autres maladies chroniques, passe par l'environnement alimentaire dès le plus jeune âge.


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