Plus d’une décennie après la «Punk prayer» anti-Poutine dans la Cathédrale du Christ Sauveur de Moscou, cœur du patriarcat de l’Eglise orthodoxe, la colère des Pussy Riot brûle toujours et l’art frappe encore. Les héritières de la contre-culture russe des années 1980 sont de retour en Suisse: à Fribourg le 11 avril, à Bâle le lendemain puis à Genève le lundi 13 avril, où le collectif russe présentera une nouvelle version de son spectacle Riot Days. La performance hybride, mêlant musique, théâtre, texte ou projection vidéo, est basée sur le récit de Maria «Masha» Alyokhina et ses 21 mois passés dans une colonie pénitentiaire russe entre 2012 et 2013. Rencontre avec Masha, cofondatrice des Pussy Riot, ces figures du réveil contestataire né du retour de Vladimir Poutine à la présidence en 2012, mais aussi avec Alina Petrova et Taso Platner, ainsi que le musicien canadien Eric Breitenbach, qui les accompagne sur scène.
C’est en pleine grève de la faim, dans sa colonie pénitentiaire des montagnes de l’Oural, que Masha reçoit la visite d’Alexandre Cheparukhin, qui deviendra le coproducteur du spectacle Riot Days. Dès 2017, le groupe sillonne les scènes du monde et enchaîne les représentations. Puis, le 24 février 2022, la Russie commence son invasion à grande échelle de l’Ukraine. Quelques semaines plus tard, alors qu’elle est assignée à résidence et sous surveillance pour avoir soutenu des manifestations contre l’arrestation de l’opposant défunt Alexeï Navalny, elle fuit le pays déguisée en livreuse de repas. «Aujourd’hui, le spectacle raconte une histoire plus large, il est aussi basé sur mon deuxième livre qui raconte, à travers mes yeux, le contexte des répressions et des assassinats politiques. Ce n’est plus une histoire simple. Ce n’est plus seulement une manifestation de protestation. C’est aussi désormais un deuil que nous portons tous.»


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