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Trois jours après la fusillade survenue dans Côte-des-Neiges, le premier ministre Mark Carney ne s’engage toujours pas à ajouter l’arme présumée du tireur à la liste des armes à feu prohibées au Canada.
« En ce qui concerne le processus de prohibition de certaines armes à feu, nous sommes en train de faire une refonte du processus afin d’avoir des décisions d’experts, c’est-à-dire la GRC, pour décider lesquels il faut interdire. Pour le moment, c’est tout », a lâché le premier ministre jeudi, lors d’un point de presse marquant la fin de la session parlementaire.
Selon plusieurs experts cités dans les médias, l’arme utilisée lors de la fusillade de lundi à Montréal serait une SKS, une carabine semi-automatique qui a déjà été utilisée dans plusieurs tueries au Canada. La fusillade a coûté la vie à un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), à un citoyen ainsi qu’au suspect.
Bien que le chef du gouvernement ait reconnu qu’il « faut en faire plus » pour encadrer les armes de type armes d’assaut afin de prévenir les tueries de masse, il n’a pas précisé si la récente tragédie aura une incidence sur l’examen en cours.
Depuis 2020, Ottawa a interdit environ 2500 modèles d’armes à feu. La carabine SKS, toutefois, a toujours été exclue de ces restrictions, notamment en raison de son usage répandu pour la chasse dans certaines communautés autochtones.
En décembre dernier, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a annoncé le lancement d’un examen du régime de la classification des armes à feu, incluant la SKS. Ce processus d’examen se fait toutefois attendre : bien qu’il découle d’une recommandation formulée il y a plus de deux ans par la commission d’enquête sur la tuerie de 2020 en Nouvelle-Écosse, aucun calendrier n’a encore été fixé pour sa conclusion.
Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a quant à lui saisi l’occasion pour s’attaquer plus largement au programme fédéral d’interdiction des armes à feu. « Est-ce que ça marche ? Est-ce que ça protège les gens ? Est-ce que ça empêche les fusillades ? Il faut se poser la question sur les résultats », a-t-il lancé jeudi.
PolySeSouvient demande de nouveau une interdiction
De son côté, PolySeSouvient, un groupe de défense du contrôle des armes à feu qui milite depuis longtemps pour cette interdiction, a réitéré son appel en faveur d’un arrêt immédiat des ventes de carabines SKS. Par le passé, le groupe a demandé à Ottawa d’interdire cette arme, mais d’inclure une exemption pour les chasseurs autochtones qui l’utilisent principalement pour leur subsistance.
« Quels que soient les autres facteurs en jeu, cette attaque n’aurait pas pu avoir lieu sans l’accès à une arme à feu puissante », a déclaré le groupe par voie de communiqué.
Le SKS a notamment été utilisée lors de la tuerie de 2018 à Fredericton, au Nouveau-Brunswick, où deux policiers et deux civils ont perdu la vie. Le même type de scénario s’est reproduit plus récemment lors du meurtre de deux policiers en Ontario, puis en 2023, lors de la tuerie de Sault-Sainte-Marie, également en Ontario.
« On ne peut passer à côté des similitudes avec la fusillade de masse à Polytechnique », ajoute PolySeSouvient, citant notamment une « haine envers les femmes » qui aurait motivé ces deux cas de violence. En effet, le tireur de Côte-des-Neiges aurait écrit un manifeste d’une centaine de pages imprégné de l’idéologie incel.
« Les événements du 22 juin ne laissent aucune place à l’excuse : les armes conçues pour la guerre n’ont pas leur place entre les mains de civils. Le gouvernement doit privilégier la sécurité publique et non l’inaction », dénonce le groupe.
Au lendemain de la tragédie, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, avait elle aussi demandé au gouvernement de renforcer le contrôle des armes à feu.
Avec Marieke Glorieux-Stryckman


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