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Louis Marie Kakdeu vient de publier un ouvrage qui risque de faire du bruit. Son livre, disponible depuis peu aux éditions L’Harmattan à Paris, dresse un bilan sévère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle au Cameroun sur plus d’un siècle. Les cérémonies de dédicace au Cameroun sont déjà en préparation. Les dates seront annoncées prochainement.
Un système éducatif à la dérive : les chiffres parlent
L’auteur part d’un constat documenté. Depuis la création de la première école normale au Cameroun en 1921, le système éducatif n’a jamais véritablement opéré sa mue vers le technique et le professionnel.
Les données qu’il avance sont frappantes. Sur plus de 710 000 places d’étudiants dans l’enseignement supérieur camerounais, à peine 5 000 places d’ingénieur sont disponibles. Le reste, soit plus de 700 000 étudiants, se retrouve dans des filières classiques : droit, économie, mathématiques fondamentales, lettres. Des formations qui, faute de débouchés concrets, alimentent le chômage de masse.
Autre chiffre révélateur : seulement 1 élève sur 20 suit une filière technique au secondaire. Les filières industrielles et agronomiques, pourtant indispensables à l’économie nationale, restent marginales et peu accessibles dans l’enseignement supérieur public.
Kakdeu illustre le problème par un exemple concret : « Le pays forme des licenciés en mathématiques qui ne savent pas faire un compte d’exploitation. Ils représentent une charge sociale au lieu d’être une richesse. » Un constat qu’il étend à tous les secteurs.
Un appel à l’action politique, maintenant
Au-delà du diagnostic, Louis Marie Kakdeu lance un appel direct aux décideurs et à ses compatriotes. Pour lui, le redressement est encore possible, mais il exige une décision politique immédiate. Pas dans dix ans. Pas demain. Maintenant. Parce que pendant ce temps, les autres pays avancent.
« Le monde est compétitif. On peut encore tout rattraper si l’on prend une décision politique maintenant », écrit-il. Son objectif affiché : alimenter le débat public avec des données probantes, loin de la colère stérile et des ressentiments qui, selon lui, paralysent le débat camerounais.
L’ouvrage couvre une période de 105 ans, de 1921 à 2026, et propose une analyse systémique rarement tentée avec cette profondeur sur la question éducative au Cameroun.
La publication de ce livre tombe à un moment où les questions de chômage des jeunes et d’inadéquation formation-emploi dominent les préoccupations sociales au Cameroun.


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