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Depuis le début des incendies, les initiatives citoyennes se développent pour venir en aide aux centaines de milliers de personnes touchées de près ou de loin par les feux.
«On est beaucoup à vouloir aider». Entrepreneur en Gironde, Mathieu Persillon est propriétaire d’un pick-up et de citernes d’eau, du matériel qui pourrait s’avérer précieux pour aider les pompiers déployés sur le terrain. Depuis le début des incendies, jeudi dernier, il multiplie les publications en ligne, fait savoir sa disponibilité. Sans vouloir s’imposer, toutefois, « par peur de gêner».
Saisis par l’ampleur des sinistres qui ont déjà ravagé 115 000 hectares depuis le début de l’année, beaucoup de Français veulent se rendre utiles, sans interférer avec le travail des professionnels. Don matériel, financier, bénévolat...Depuis le déclenchement des feux, la mobilisation s’est structurée à mesure que les initiatives se sont multipliées.
Les cagnottes se multiplient
Le nombre de cagnottes pour venir en aide aux sinistrés ou aux soldats du feu s’est multiplié depuis ce week-end. Le Secours populaire a ainsi lancé un appel à la générosité publique, invitant chacun à « venir en aide aux populations durement touchées, en Gironde et dans les Landes, mais aussi dans le Var et partout où sévissent les incendies.» L’association entend soutenir les sinistrés dans l’urgence mais aussi inscrire son action dans la durée : si la mobilisation atteint aujourd’hui des sommets, les besoins, eux, perdureront bien après l’extinction des derniers foyers. La plateforme Leetchi, elle, «observe des élans de solidarité concrets» : 197 cagnottes ont été créées depuis début juillet avec, au total plus de 471 869 € collectés entre le 18 juin et le 24 juillet.
Pour canaliser cet élan de solidarité et mettre en relation les volontés d’aider avec les besoins réels, plusieurs plateformes ont été mises en ligne ces derniers jours. Créateur de sites internet de profession, le Bordelais Alexis Fontana a ouvert ce dimanche la plateforme Aideetfeu.com, qui permet à chacun de proposer une aide ; les sinistrés peuvent y contacter directement les bénévoles.
Les Collectivités en premières lignes
Associations, mairies et administrations locales n’ont pas tardé, elles non plus, à se saisir de la question. Au plus près des flammes, Bordeaux Métropole a ouvert un formulaire destiné aux volontaires. Chaque jour, la collectivité précise ses besoins du moment dans un inventaire qui évolue au rythme des urgences : couverts jetables, couches pour bébés, brumisateurs... Seules les communes de la métropole sont concernées par ce dispositif et les dons doivent être déposés directement dans la mairie de la commune de résidence du donateur. Dans les départements voisins, des points de collecte similaires sont mis en place. Sur le territoire de la Haute Saintonge, entre la Charente-Maritime et la Charente, quatre communes sont ainsi concernées.
Alors que l’association de Maires de France a lancé lundi une mobilisation générale des maires pour «apporter au plus vite un soutien financier aux opérations d’urgence en cours ou en préparation», certaines villes se tiennent déjà prêtes à accueillir des sinistrés. Comme en Dordogne, où le camping communal de La Roche Chalais a été ouvert à cet effet.
Les professionnels prennent le relais
Santé, droit... Exerçant dans des secteurs d’activité variés, de nombreux professionnels ont décidé d’apporter leur aide. Des vétérinaires se sont portés volontaires pour examiner gratuitement les animaux domestiques, eux aussi victimes des sinistres. Le barreau de Bordeaux a ouvert une ligne téléphonique, le 05 57 77 41 58, destinée à accompagner les sinistrés dans leurs démarches auprès des assurances. Quant au soutien psychologique, la Cellule d’Urgence Médico-Psychologique (CUMP) du Centre Hospitalier Charles Perrens et du CHU de Bordeaux a déployé un dispositif gratuit au 0 800 719 912, de 9 h à 17 h. Cette ligne permet d’assurer «une écoute, une première évaluation et, si besoin, une orientation adaptée». Les blessures laissées par les incendies ne sont pas toutes visibles, beaucoup d’évacués présentent des troubles de stress post-traumatique, des troubles du sommeil, de l’anxiété ou une hypervigilance.


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