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REPORTAGE - Depuis l’époque des Vikings, l’équilibre des îles Lofoten repose sur ce poisson blanc. Séché, salé ou exporté frais, le cabillaud a enrichi des générations de pêcheurs et de commerçants. Ces dernières années, les stocks diminuent, mettant à mal l’économie locale.
Par Camille Jayr, envoyée spéciale en Norvège
Le 8 mai 2026 à 05h40
« C’est la saison du skrei en ce moment, mais ça fait deux mois qu’on l’attend », grommelle Borge Iversen de sa voix grumeleuse, pleine de tabac, au gouvernail de son bateau de pêche. Casquette de feutrine sur la tête et cigarette roulée à la main, il épie, au travers des hublots, les soubresauts de cet horizon gris, qu’il connaît par cœur. Soixante-huit ans de vie et cinquante-trois ans de pêche, le Vestfjord n’a plus de secrets pour ce vieux loup de mer. Comme tous les jours, il vient de quitter le petit port de Ballstad, village de pêcheurs blotti au cœur des îles Lofoten, dans le nord de la Norvège, pour lever ses lignes. Et, comme tous les ans, il attend avec impatience l’arrivée du skrei, un cabillaud migrateur qui descend, chaque hiver, de la mer de Barents pour venir frayer dans la région (la femelle dépose ses œufs et le mâle les féconde, NDLR). Une course de plus de 1000 kilomètres, dans les eaux glacées de l’Arctique, qui donne à ce poisson-athlète une qualité de chair exceptionnelle


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