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La Belgique a envoyé, ce 14 janvier 2026, son projet de plan budgétaire pour l'année à venir à la Commission, dans un contexte marqué par une procédure de déficit excessif et une pression accrue des règles budgétaires européennes. Malgré un effort de maîtrise des dépenses publiques, meilleur que prévu que les années 2025 et 2026, les finances publiques restent caractérisées par un déficit élevé et une dette en hausse.
Baisse des dépenses respectées pour 2026
Selon les projections officielles délivrées par le document que La Libre a pu consulter, le déficit public atteindrait 5,2 % du PIB en 2025 avant de se réduire légèrement à 4,9 % en 2026. Cette amélioration demeure toutefois insuffisante pour enrayer la dynamique de la dette, attendue à 110,1 % du PIB en 2026, contre 107,3 % en 2025. La hausse des charges d'intérêt, combinée au vieillissement de la population, continue par contre de peser lourdement sur les comptes publics.
Sur le plan des dépenses, la croissance des dépenses nettes, indicateur clé du nouveau cadre budgétaire européen, dépasserait le plafond recommandé en 2025 (+ 4,3 %), avant de nettement ralentir en 2026 (+ 1,3 %). Sur l'ensemble de la période 2025-2026, la Belgique respecte néanmoins la trajectoire globale validée par le Conseil européen, hors application de la clause dérogatoire nationale activée pour financer l'augmentation des dépenses de défense.
Projections réalisables ?
Les perspectives macroéconomiques restent modestes. La croissance économique est attendue à 1,1 % en 2026, soutenue principalement par la consommation privée et les investissements publics, notamment dans la défense et les plans de relance régionaux. Mais les doutes peuvent être de mise, selon Alexia Bertrand (députée Open VLD), ancienne secrétaire d'État au Budget : "Ces projections reposent encore sur l'idée que les 9,2 milliards d'efforts décidés par l'Arizona fin novembre seront réalisés et atteints. Or, j'en doute très fort. Trois exemples suffisent à le montrer : les recettes sur les changements des taux de TVA qui seront moindres vu le changement d'hypothèses après-coup, la taxe sur les colis qui est déjà perdue et l'indexation en centimes perdue pour janvier (on ne sait toujours pas comment seront orchestrés les sauts d'index pour 2026 et 2028, mais ce sera plus tard que prévu, NdlR). Donc, ce draft est basé sur des hypothèses qui ne seront pas confirmées, ce qui me fait dire qu'il faut attendre les contrôles budgétaires et qu'il faudra refaire des efforts", estime l'ancienne secrétaire d'État au Budget.
La Commission propose un budget de rupture pour la période 2028-2034L'inflation poursuivrait sa normalisation, pour atteindre 1,6 % en 2026
Par ailleurs, le marché du travail montre des signes contrastés. Le taux d'emploi progresserait légèrement pour atteindre 72,6 % en 2026. Toutefois, cette amélioration doit être interprétée avec prudence. Le taux d'emploi utilisé dans les comparaisons européennes ne concerne que la population âgée de 20 à 64 ans. Or, comme le relève le Bureau du Plan, plus d'un tiers des créations d'emplois récentes proviennent des personnes âgées de 65 ans et plus, notamment via les flexi-jobs, à la suite du relèvement de l'âge légal de la pension. Et le travail étudiant a été davantage encouragé. Cette évolution, positive en termes d'activité, n'est pas reflétée dans l'indicateur officiel et peut donner une image partiellement biaisée de la dynamique réelle du marché du travail.
Dette problématique, efforts à venir
En définitive, le projet de budget 2026 illustre un exercice d'équilibre délicat : les engagements européens sont respectés tout en faisant face à des contraintes structurelles lourdes, sans marge budgétaire significative hors dépenses de défense.
"Personne ne sait comment ces dépenses de défense seront financées après 2028."
Cette conclusion se reflète aussi dans les craintes du Bureau du Plan exprimées à plus long terme. Au-delà de l'exercice budgétaire 2026, le Bureau fédéral du Plan estime que la trajectoire des finances publiques belges reste préoccupante à moyen terme. En l'absence de réformes structurelles supplémentaires ou d'un ajustement budgétaire plus marqué, la dette publique continuerait d'augmenter, à 110 % du PIB en 2026, "sous l'effet combiné de déficits persistants, du coût du vieillissement et d'une charge d'intérêts durablement plus élevée qu'au cours de la décennie précédente".
La Commission européenne alerte : la Belgique affichera un déficit record en 2027Si la normalisation de l'inflation et le ralentissement des dépenses nettes offrent un répit à court terme, ils ne suffisent pas à inverser la dynamique d'endettement. Pour le Bureau du Plan, le risque est celui d'une érosion progressive des marges de manœuvre budgétaires, "rendant les finances publiques plus vulnérables aux chocs économiques futurs et limitant la capacité de l'État à financer ses priorités sans nouvelles mesures correctrices". "Et en outre, personne ne sait d'ailleurs comment ces dépenses de défense seront financées après 2028", ajoute Alexia Bertrand.
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