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ENTRETIEN EXCLUSIF - À l’occasion de la parution de « La Légende » chez Grasset, récit de sa détention en Algérie, Boualem Sansal a rencontré Bruno Retailleau pour un échange sans détour sur la crise franco-algérienne. Les deux hommes, qui se connaissent et s’apprécient, ont confronté leurs expériences et leurs analyses sur le plateau du Figaro TV.
Passer la publicitéLE FIGARO. - Boualem Sansal, vous avez publié ce 2 juin La Légende chez Grasset. Pourquoi ce titre ? La légende, c’est vous ?
BOUALEM SANSAL. - Ce sont les prisonniers qui m’ont surnommé ainsi. Je ne savais trop pourquoi. J’ai été arrêté le 16 novembre et mis au secret absolu pendant une semaine entière. Personne, pas même l’administration algérienne, ne savait où j’étais. Je le saurai plus tard, j’étais entre les mains des services secrets, qui m’ont enfermé dans une sorte de caserne, quelque part dans les environs d’Alger. Pourquoi ? Je l’ignore. Le jour même, j’ai été porté disparu, par mon épouse, des amis, des journalistes, mon éditeur, Gallimard, qui se demandaient tous où j’étais passé. La rumeur a enflé, en Algérie, en France, en Europe. Lorsque les prisonniers de Koléa, une prison très dure, la plus grande d’Algérie, située à 60 kilomètres d’Alger, ont vu arriver celui qui alimentait les rumeurs depuis une semaine, ils m’ont instinctivement appelé : « la Légende »


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