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Ce samedi (20 h 30), l’émission présentée par Marie Visot et Guillaume Roquette analyse cette fonction de notre cerveau et sa fragilité face à la maladie d’Alzheimer.
Toute la complexité de la mémoire humaine, ses facettes multiples, mais aussi sa fragilité, avec la menace de la maladie d’Alzheimer, est abordée dans ce nouveau numéro du « Big Bang de la santé » présenté par Marie Visot, directrice éditoriale de l’émission, et Guillaume Roquette, directeur de la rédaction du Figaro Magazine. Un rendez-vous au fil duquel plusieurs neurologues s’expriment mais aussi, entre autres, la philosophe Gabrielle Halpern.
Cette dernière, interrogée par Guyonne de Montjou, évoque les souvenirs individuels et leur effet sur la construction de la mémoire collective. « Finalement, un pays, c’est comme un être humain, c’est justement parce qu’il existe des souvenirs communs que l’on peut envisager de passer le reste de sa vie et des siècles à venir ensemble », confie celle qui vient de publier Intelligence artificielle : et l’homme créa Dieu (Éditions Hermann). À la question de savoir si l’IA menace notre volonté de mémoriser, Gabrielle Halpern reconnaît : « C’est un risque puisque nos outils savent tout. Qu’est-ce qu’il nous reste ? Est-ce que nous allons choisir de déléguer notre faculté de mémoire ou est-ce que, finalement, nous allons la garder en propre ? »
La neurologue et professeur Claire Paquet détaille ensuite le fonctionnement du cerveau. Elle précise qu’il n’existe pas une mémoire mais des mémoires. « Nous en avons cinq types, qui sont catégorisés en deux grandes classes (…). Il y a d’abord la mémoire à court terme (…) : je suis sur la route, quel panneau je viens de voir. Et puis il y a celle à long terme : quel spectacle je suis allé voir la semaine dernière, ou encore, où j’étais en vacances l’année dernière. » Parmi les sous-catégories, la mémoire dite « épisodique » est celle qui est le plus touchée par la maladie d’Alzheimer. « C’est celle qui nous permet de nous souvenir à long terme d’événements, avec précisément le “où” et le “quand” », détaille Claire Paquet.
Stimulation cognitive
Pour débattre de la maladie d’Alzheimer, Marie Visot rassemble dans le grand studio du Figaro le Pr David Wallon, neurologue, le Dr Elena Perrin, directrice médicale chez Lilly France et Benelux, et le Dr Bénédicte Défontaines, neurologue et présidente fondatrice de l’Association Aloïs. « Il faut considérer que cette maladie va bien au-delà de la mémoire, explique le professeur Wallon. Il y a le langage, le raisonnement, l’orientation, la vision. » Le témoignage d’un patient, Alain Tardif, 64 ans, qui explique sa situation, est saisissant : « Je vis au quotidien de manière quasiment normale (…). Mais j’ai besoin aussi de poser mes valises et de me dire : “Ouah ! je vis, je respire, j’existe !” »
Un reportage de Guillaume Mollaret et Guillaume Simonet au CHU de Montpellier, où la recherche sur les biomarqueurs vise à détecter la maladie avant les premiers symptômes, donne la parole à une aidante, Marie-Pierre Barthez, qui accompagne son mari. Elle souligne les bienfaits de la stimulation cognitive. « Ce travail quotidien a stabilisé, a presque stoppé la maladie. Il y a beaucoup de travail, de courage à fournir. Mais ce serait mieux d’avoir un médicament qui puisse encore plus agir. » Quant au dessinateur et scénariste Étienne Davodeau, il présente sa BD Là où tu vas, qu’il a réalisée avec sa compagne Françoise Roy, accompagnatrice à domicile auprès de personnes souffrant de troubles cognitifs.
Enfin, le chanteur Alain Chamfort, ambassadeur de l’association France Alzheimer, dans un entretien avec Yves Thréard, raconte comment sa mère a vécu pendant vingt ans avec la maladie, et comment il l’a accompagnée, avec sa sœur et leur père. Un témoignage poignant.


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