Language Selection

Retrouvez votre bien-être dans ces temps dure sur Terre , Essayez le MedBed Quantique!
Cliquez ici pour réserver votre séance

Famille et pour toute la Famille avec Le Medbed Quantique® Orgo-Life® une technologie du Canada

Advertising by Adpathway

         

 Advertising by Adpathway

Benoit Platéus : peindre ce qui passe au travers

1 month_ago 42

         

NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life®

  Publicité par Adpathway

Pour sa troisième exposition solo à l'Espace 251 Nord, Benoit Platéus (1972) choisit d'inscrire son travail dans un lieu à l'échelle presque domestique, dont les seuils semblent participer à l'exposition.

À lui seul, le titre agit comme une méthode. Percolators vient du verbe "percoler", qui désigne le passage lent d'un liquide à travers un milieu poreux, granuleux ou pulvérulent. À mille lieues du spectaculaire, ce terme dit la lenteur, l'infiltration, la traversée patiente. Il dit ce qui se dépose en passant, ce qui s'altère par contact, ce qui apparaît parce qu'une matière en a traversé une autre. Chez Benoit Platéus, cette définition devient une poétique. La peinture n'est pas posée sur la toile comme une image achevée : elle advient par imprégnation, par contamination progressive, par remontée depuis des profondeurs instables.

On connaît Benoit Platéus pour une œuvre qui n'a jamais cessé de déplacer les médiums : photographie, sculpture, édition, dessin, installation, peinture. Autant de pratiques reliées par l'attention constante portée aux phénomènes d'apparition. Comment une image se forme-t-elle ? À quel moment devient-elle lisible ? Que garde-t-elle de son processus de fabrication ?

Même lorsqu'il peint, Benoit Platéus n'abandonne jamais vraiment la photographie. Il en conserve les hantises : le développement, la révélation, les liquides, les temps de pose, les accidents chimiques, les voiles, les brûlures, les traces… Ses peintures semblent ainsi moins issues d'un acte de représentation que d'un long processus de révélation, comme si l'image avait été exposée à une lumière intérieure avant d'être livrée au regard.

Des surfaces liquides, minérales, instables

L'exposition frappe d'abord par l'ampleur physique des œuvres. Les grands formats imposent une présence enveloppante. Certains ouvrent des nappes jaunes, vertes, bleutées ou turquoise, traversées de taches sombres, de griffures, de coulures, de signes ténus. D'autres déploient des surfaces presque lactées, où des lignes flottantes maintiennent provisoirement des fragments d'image en suspension.

Il y a, dans ces surfaces, quelque chose d'aquatique et de minéral à la fois. On pense à des eaux troubles, à des grottes, à des parois souterraines, à des membranes, à des organismes vus de trop près, à des paysages dont l'échelle aurait été abolie.

La peinture advient par imprégnation, par contamination progressive, par remontée depuis des profondeurs instables.

Nourrie par l'imaginaire d'une mine de soufre en Indonésie, la grande toile jaune intitulée Coquillage à Kawah Ljen (2026) fait surgir une lumière presque toxique, un éclat séduisant et inquiétant, comme si la beauté provenait d'un lieu brûlant, chimiquement actif. Dans Zero G (2026), un espace plus nocturne s'ouvre dans des bleus profonds, où des silhouettes d'arbres, des lignes végétales, des traces et des masses sombres apparaissent englouties dans une profondeur liquide.

Rien ne se fixe entièrement. C'est l'une des forces de cette série : maintenir la peinture dans un état passage. Les œuvres ne cherchent pas à résoudre la tension entre abstraction et figuration. Elles habitent cet entre-deux. On croit reconnaître une cavité, un paysage, une branche, un essaim, une trace organique, puis tout se défait. La reconnaissance advient sans jamais se confirmer. Benoit Platéus ne peint pas des objets ou des motifs. Il peint des seuils de perception.

Le vide, les trous, les images révélées

Ses tableaux demandent à être traversés. Dans le texte de présentation de l'exposition, Virginie Devillez rappelle combien les cavités, fissures, anfractuosités, perforations et espaces ajourés constituent un fil conducteur dans l'œuvre de Platéus. Elle établit un lien avec François Roustang. Ce dernier écrivait que ce qui caractériserait l'humain serait peut-être la possibilité de tolérer le vide, et que la perception ne serait pas d'abord celle de la permanence des objets, mais celle des trous dans l'espace. Chez Benoit Platéus, cette intuition prend une puissance plastique. Le vide rend les choses visibles.

Dans Ostrica Audace (2026), la peinture plonge vers un monde caverneux, aquatique, presque viscéral, où les anfractuosités semblent creuser la surface autant qu'elles l'animent. Dans Accélérateur de particules (2026), la cavité d'une cabine de conduite semble perforée par une multitude de taches qui évoquent des brûlures. Mais ces taches ne sont jamais seulement des impacts. Elles sont aussi des floraisons, des moisissures, des foyers, des astres minuscules, des blessures qui auraient appris à irradier.

Benoit Platéus ne peint pas des objets ou des motifs. Il peint des seuils de perception.

Les fonds pourraient faire croire à une réconciliation avec la grande tradition de l'abstraction. Mais l'artiste en déjoue aussitôt la pureté. Là où l'abstraction classique cherchait parfois l'autonomie de la surface, Benoit Platéus y introduit des intrusions, des fuites, des souvenirs d'images, des restes d'objets, des signes qui troublent toute lecture formaliste. L'oreille interne de Mendeleïev (2026), en référence au tableau périodique des éléments, ouvre ainsi une pensée de la structure, de l'ordre chimique, mais aussi de l'audition, du labyrinthe, de l'organisation alvéolaire du corps. Cette œuvre propose une cartographie trouée, poreuse, en partie illisible.

Benoit Platéus, Accélerateur de particules, 2026, huile et collage sur toile, 195 x 260 cmBenoit Platéus, Accélerateur de particules, 2026, huile et collage sur toile, 195 x 260 cm ©L'artiste

La conscience d'un photographe

On comprend alors pourquoi la photographie demeure si présente. Non comme iconographie, mais comme mémoire technique et mentale. L'artiste peint avec la conscience du photographe qui sait que toute image est le résultat d'un passage : passage de la lumière, passage dans les bains, passage par l'agrandissement, passage du négatif au positif. Même lorsqu'il travaille au pinceau et affronte la résistance concrète du grand format, quelque chose de cette pensée photographique persiste. Les surfaces se voilent comme des épreuves. Les formes apparaissent comme des empreintes. Les couleurs se diffusent comme des chimies.

L'artiste Benoit PlatéusL'artiste Benoit Platéus ©L'artiste

Cette dimension est d'autant plus sensible que certaines œuvres semblent construites à partir d'images préalables, perdues dans le processus pictural. Il existe parfois une source, mais celle-ci devient inaccessible. Elle n'est pas effacée, elle est absorbée. Comme dans une mémoire qui ne restituerait jamais l'événement initial, mais seulement ses effets, ses halos, ses déformations. L'artiste évoque des images qui l'accompagnent longtemps, sans nécessairement servir de modèles. Parmi elles, une scène de Stalker de Tarkovski, où des objets flottent dans l'eau comme des fragments de mémoire en train de partir. Cette référence éclaire la série. Les peintures de Platéus empruntent à ces eaux tarkovskiennes : elles recueillent des débris, des signes, des objets mentaux, mais les livrent dans un temps ralenti, presque hypnotique, toujours méditatif.

De la grotte au laboratoire

La question du temps est centrale. Certaines toiles ont été reprises pendant des années, travaillées, laissées, réactivées. L'exposition vient alors moins consacrer une finition définitive qu'accepter un moment un état de l'œuvre qui conserve en elle la possibilité d'une reprise.

Face à elles, le spectateur doit renoncer à la maîtrise immédiate. Il faut accepter d'être démuni, de ne pas savoir exactement ce que l'on regarde, de laisser monter les analogies sans les refermer. Ici, une trace semble archaïque, presque pariétale. Là, une empreinte évoque un objet absent. Ailleurs, une ligne ressemble à une écriture dont le sens aurait été perdu. Ces signes, proches parfois du pochoir, du dessin spontané ou du glyphe rupestre, font cohabiter les temporalités : de la grotte au laboratoire.

Benoit Platéus, Zero G, 2026, huile et collage sur toile, 210 x 260 cmBenoit Platéus, Zero G, 2026, huile et collage sur toile, 210 x 260 cm ©L'artiste

C'est dans cette coexistence que la peinture de Benoit Platéus atteint sa pleine intensité. Elle apparaît comme autant de milieux instables qui interrogent ce qui circule entre les surfaces, ce qui les perce, ce qui les contamine, ce qui les rend vivantes. Elle fait de la toile un lieu traversé plutôt qu'un plan clos. Une peinture qui ne cherche pas à combler le vide, mais à nous apprendre à le regarder. Et peut-être, plus encore, à l'apprécier.

Benoit Platéus. Percolators

Peinture Espace 251 Nord, rue Vivegnis 251, 4000 – Liège www.e2n.be Quand jusqu'au 27 juin, le vendredi et le samedi de 14h à 18h.

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.

read-entire-article

         

        

Une nouvelle Vibration dans le Monde entier avec les Franchise Medbed Quantique®!  

Protéger toute votre famille avec la technologie Orgo-Life®

  Advertising by Adpathway