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Le maire LFI dénonce de « graves irrégularités » dans l’organisation du vote de la présidence de Suivez la Flèche !, association qui supervise la reconstruction de la tour nord.
« Je me suis présenté non pas contre le maire, mais dans une optique de rassemblement et d’unité », témoignait Stéphane Bern la semaine passée au Figaro, après avoir été élu à la tête de l’association pour la reconstruction de la flèche de Saint-Denis. Bally Bagayoko, également candidat au poste, ne l’entend pas de cette oreille. Dans un long communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, le maire LFI de la ville dénonce de « graves irrégularités » dans l’organisation du suffrage et menace de « saisir les juridictions compétentes ».
« L’assemblée générale de l’association Suivez la Flèche ! (...) ainsi que le conseil d’administration (...) ayant procédé à l’élection de la nouvelle présidence, se sont tenus dans des conditions entachées de graves irrégularités », affirme dans un communiqué la majorité municipale, qui a sollicité « l’analyse juridique » d’un cabinet d’avocat dédié au secteur public, Seban & Associés.
Vers une rupture avec l’association
Stéphane Bern, qui avait été sollicité pour ce poste, a été élu jeudi à l’« unanimité » à la présidence de l’association qui dirige la reconstruction de la flèche et de la tour nord de la basilique. L’animateur et défenseur du patrimoine a obtenu les voix de 17 des 27 membres du conseil d’administration, Bally Bagayoko et ses soutiens ayant quitté la salle avant la tenue du vote. Le maire espérait obtenir lui-même la tête de l’association, fonction occupée par ses prédécesseurs à la mairie.
Parmi les arguments soulevés par le maire pour dénoncer les conditions de l’élection figure la participation au vote de membres « dont l’adhésion régulière à l’association » ne serait pas « établie ». La présidence de l’assemblée générale par Mathieu Hanotin, ancien maire socialiste de Saint-Denis, poserait également problème. Ses « mandats de représentant de la ville de Saint-Denis et de Plaine Commune avaient expiré », argue le texte.
Ces « irrégularités », s’étonnent les auteurs, « n’ont pas empêché le conseil d’administration d’élire M. Stéphane Bern à la présidence de l’association, alors même que les fragilités juridiques de cette procédure ne pouvaient être ignorées ». La municipalité dénonce des « manœuvres », avant d’entériner la rupture. Elle ne participera pas au prochain bureau et se réserve le droit de saisir « les juridictions compétentes » pour obtenir « l’annulation » de cette élection, qui fait décidément couler beaucoup d’encre.
« Les choses se sont évidemment déroulées dans un processus régulier », réfute auprès de l’AFP Mathieu Hanotin, un peu « désabusé et déçu parce que (...) dans la vie, il y a des projets qui doivent nous rassembler ».
« Si certains souhaitent contester les conditions de cette élection, notre droit prévoit les procédures permettant à chacun de faire valoir ses arguments », a réagi également auprès de l’AFP Stéphane Bern, qui assure que le scrutin s’est déroulé avec « l’accompagnement du conseil juridique de l’association ». « Pour ma part, je ne souhaite pas alimenter de polémique », a-t-il poursuivi, après avoir expliqué vendredi que l’État, auquel appartient la basilique, l’avait incité à se présenter.
« Mon seul parti, c’est le patrimoine », insistait auprès du Figaro Stéphane Bern qui, à « l’arène politique », préfère les belles pierres d’une basilique cathédrale où dorment 40 rois et 26 reines. Afin de reconstruire, entre autres sa flèche, démontée en 1847, il reste de 4 à 5 millions d’euros à trouver sur les 38 du chantier. La première pierre a été posée l’an dernier.


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