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Avec ou sans Marie-Philip Poulin, le Canada peut-il corriger le tir?

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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.

MILAN – L’équipe canadienne de hockey féminin n’a pas l’habitude de disputer des matchs importants au tour préliminaire des Jeux olympiques. Mais il y a un début à tout. Et cette grande première aura lieu mardi après-midi contre les États-Unis.

Depuis les Jeux de Nagano, en 1998, les Canadiennes n’ont subi que trois défaites aux Olympiques. Pensez-y : sept Jeux olympiques et trois défaites. Cinq médailles d’or et deux d’argent.

Si le Canada ne s’était pas fait piétiner par l’équipe américaine, en 2025, le match de mardi en serait un comme tous les précédents duels disputés dans ce que l’on pourrait appeler la phase d’échauffement des Jeux olympiques.

Les amateurs s’attendraient à voir les deux grands rivaux jouer un match intense et enlevant qui, au bout du compte, ne ferait que permettre aux entraîneurs de mesurer où se situe leur équipe avant d’entamer les quarts de finale.

Si les Jeux de Milan-Cortina sont différents, c’est parce que le Canada a besoin de changer une inquiétante trame narrative qui s’est installée en 2025. Durant la dernière année civile, les Canadiennes ont été battues six fois consécutives par les Américaines.

Le Canada s’est incliné deux fois devant les États-Unis au Championnat du monde de 2025. Puis, avant la période des Fêtes, l’équipe de Marie-Phillip Poulin a subi un solide balayage de quatre matchs dans la traditionnelle Série de la rivalité que se livrent chaque année les deux pays.

Il y a tellement d’impondérables qui surviennent durant un match de hockey qu’il est extrêmement difficile de remporter six victoires de suite quand deux équipes de force semblable s’affrontent.

De deux choses l’une : ou bien l’équipe qui s’est inclinée six fois a été victime d’une extraordinaire anomalie statistique, ou bien les deux équipes ne sont plus de force à peu près égale. 

Cette série de six revers est par ailleurs survenue à un moment où l’équipe canadienne est particulièrement âgée.

En fait, nous sommes en présence de la plus vieille équipe du Canada depuis que le hockey féminin a officiellement été admis aux Jeux d'hiver, à Nagano. On y retrouve pas moins de 12 joueuses âgées de 30 ans et plus. Et quatre de ces joueuses frisent ou surpassent la mi-trentaine (Marie-Philip Poulin, 34 ans; Brianne Jenner, 34 ans; Natalie Spooner, 35 ans; Jocelyne Larocque, 37 ans).

Avec une moyenne d’âge de 29 ans, l’équipe canadienne est nettement la plus âgée parmi les 10 formations qui prennent part aux Jeux olympiques. Au 2e rang, on retrouve à égalité les États-Unis, la Finlande et l’Italie avec une moyenne de 26 ans. Pour un pays disposant du plus vaste bassin de hockeyeuses au monde, cette situation est anormale. 

De deux choses l’une : ou bien les dirigeants de Hockey Canada ne font pas confiance à la relève, ou bien leur évaluation des dirigeants est bonne et il n’y a pas de relève suffisamment qualifiée pour remplacer des joueuses vieillissantes parmi l’équipe nationale. 

Dans les deux cas, vous avez un sérieux problème.

Tout ça illustre pourquoi ce match opposant le Canada aux États-Unis n’est pas comme les autres. Le sport de haut niveau étant une affaire de momentum et de confiance, les Canadiennes doivent idéalement trouver une façon d’empêcher la tendance de s’alourdir.

Pour espérer atteindre un pic, il faut s’engager dans une trajectoire ascendante. Mais jusqu'à présent, les Canadiennes connaissent un étrange tournoi olympique.

Leur match initial contre la Finlande a été reporté au 12 février parce que les Lionnes ont été aux prises avec la propagation d’un virus de gastroentérite.

Les protégées de Troy Ryan ont ensuite remporté leur premier match samedi au compte de 4-0 contre la Suisse. Mais, malgré les 55 tirs qu’elles ont décochés en direction de l’héroïque gardienne Saskia Maurer, leur rythme et leur exécution n’étaient pas impressionnants.

Puis, lundi, le Canada l’a emporté 5-1 sur la Tchéquie dans des circonstances à la fois dramatiques et étranges.

L’entraîneuse de la formation tchèque, Carla MacLeod, a confié le filet à sa troisième gardienne, Julie Pejsova. Or, cette dernière en était à son premier match international chez les seniors. La dernière rencontre disputée par Pejsova dans un chandail de l’équipe nationale tchèque avait eu lieu en 2020 dans la catégorie M18. 

Les Canadiennes ont amorcé le match avec beaucoup intensité, mais Pejsova a accordé 3 buts sur les 11 premiers tirs qu’elle a vus. Et MacLeod l’a retirée du jeu dès la première période lorsque les carottes étaient déjà pas mal cuites.

Mais le fait saillant de cet affrontement robuste à souhait est survenu quand la meilleure buteuse de la LPHF, Krystina Kaltounkova, a blessé Marie-Phillip Poulin à une jambe en lui servant une tonitruante mise en échec.

La capitaine du Canada a tenté un retour sur la patinoire quelques minutes plus tard, mais elle a été forcée d’abdiquer au beau milieu d’un avantage numérique, puis elle a quitté le match. On l’a par la suite aperçue en larmes dans les corridors adjacents à la patinoire de Rho.

Il ne serait évidemment pas sage de spéculer sur la nature de cette blessure. Mais, compte tenu des circonstances, il serait étonnant de voir Poulin en uniforme mardi après-midi, moins de 24 heures après avoir été forcée de quitter le match entre le Canada et la Tchéquie.

Pour toutes ces raisons, ce match mettant aux prises les Canadiennes aux Américaines ne sera pas comme les autres. Les représentantes de l'unifolié ont tout un fardeau sur les bras.

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