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Environnement 28/07/2026 15:28 Actualisé le 28/07/2026 17:14
Alors que les feux de forêt font rage, les réseaux sociaux s’indignent devant les fumeurs qui jettent leurs mégots dans la nature.

FREDERIC MOREAU / Hans Lucas via AFP
Dans les 48 dernières heures, deux pétitions d’initiatives différentes mais avec le même objet ont vu le jour, pour demander à augmenter le coût de l’amende pour les personnes jetant leur mégot par terre.
EN BREF • Les incendies ravivent l’indignation contre les fumeurs jetant leurs mégots dans la nature, accusés de provoquer des feux et de polluer.
• Deux pétitions réclament l’augmentation de l’amende prévue, actuellement à 135 euros.
• Les autorités multiplient les contrôles et rappellent que 90 % des feux sont d’origine humaine.
« Chaque année, ça brûle en bas de chez toi parce que des connards balancent leurs mégots par la fenêtre », peut-on lire sur une vidéo TikTok. Alors que plusieurs départements, dont la Gironde et le Var, font face à des incendies de très grande ampleur, sur les réseaux sociaux, les victimes de ces feux s’agacent de la responsabilité humaine dans ces catastrophes, particulièrement de celle des fumeurs qui jettent leurs fins de cigarettes dans la nature.
D’abord, parce que cela pollue — entre 20 000 et 25 000 tonnes de mégots sont jetés chaque année en France, et ils représentent le principal déchet trouvé dans la nature. Mais aussi parce que leur bout incandescent est suffisant pour déclencher des incendies ravageurs.
Afficher les personnes qui jettent leurs cigarettes
« On est en train de fuir les incendies […] et là, on est dans les Landes, et il y a un gars qui vient de lancer son putain de mégot par la fenêtre ! », s’indigne ainsi une internaute dans une vidéo TikTok, tandis que le conducteur klaxonne. La vidéo, vue plus d’1,8 million de fois, suscite une vague d’indignation dans les commentaires. « C’est criminel de faire ça », peut-on lire. « Prends la plaque et appelez les flics, ras-le-cul », s’agace quelqu’un d’autre.
C’est loin d’être la seule vidéo du genre. Certains, comme ce YouTubeur suivi par plus de 500 000 abonnés, affichent même le visage des personnes qui jettent leurs mégots par terre. D’autres, comme le recense 20 Minutes, se filment en train de les ramasser au sol et de les ramener à leurs propriétaires pour leur rappeler que leur geste n’a rien d’anodin, encore moins en période d’incendies.
Une vindicte qu’on remarque aussi sur le site de l’Assemblée nationale et sur celui de Change.org. Dans les 48 dernières heures, deux pétitions d’initiatives différentes mais avec le même objet ont vu le jour, pour demander à augmenter le coût de l’amende des personnes jetant leur mégot par terre, actuellement fixé à 135 euros, pour le passer à 500 ou à 750.
Une « tolérance zéro » pour les mégots
Du côté institutionnel, le sujet est également omniprésent. Le 22 juillet lors d’un point presse, le procureur de la République de Bordeaux a indiqué avoir « donné pour instructions aux fonctionnaires de police et militaires de la gendarmerie de la Gironde de multiplier les opérations de contrôle et de procéder au placement en garde à vue de toutes personnes prises en action d’emploi du feu en zone naturelle forestière », rapporte Ici. En d’autres termes, ceux qui seront surpris en train de jeter leur fin de cigarette par la fenêtre de leur voiture pourront être placés en garde à vue pour mise en danger de la vie d’autrui.
La préfète de Gironde, Sophie Brocas, a elle-même regretté en conférence de presse dimanche le comportement d’une personne qui fumait dans la forêt, à proximité des incendies. « Les bras nous en tombent », a-t-elle déploré.
Il faut dire qu’en France, 9 feux de forêt sur dix sont d’origine humaine. Et alors que la population s’inquiète de voir maisons, arbres et biodiversité s’envoler en fumée, la négligence a de quoi agacer des individus autrement impuissants.
Mais il ne faut pas se contenter de regarder le mégot qui cache la forêt : l’aggravation des feux sur une période de l’année qui s’allonge, dans des zones toujours plus étendues, est liée au réchauffement climatique qui assèche la végétation, fait baisser la pluviométrie, et affaiblit les arbres existants. Une crise écologique qui a aussi pour responsable l’activité humaine et dans laquelle la cigarette n’est pas exempte de reproches, mais n’est pas la seule coupable.


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