Tiens, revoilà Werner Herzog! Absent des écrans romands depuis La Roue du temps (2003, un documentaire sur le bouddhisme tibétain), le grand cinéaste allemand qui s’est installé aux Etats-Unis en 1996 a pourtant tourné depuis une vingtaine de longs métrages de cinéma, fictions ou documentaires. A l’âge où d’autres ont depuis longtemps rendu leur tablier, ce voyageur impénitent sillonne encore la planète en quête de tout ce qui saurait titiller sa curiosité ou sa passion pour le bigger than life. Dans Ghost Elephants, pris en distribution par les Cinémas du Grütli après avoir été présenté hors compétition à la Mostra de Venise, il s’agit de la possible survie d’éléphants géants dans un coin reculé d’Afrique australe.
Un safari mené par un cinéaste octogénaire? Produit par le National Geographic, institution certes réputée mais aussi largement responsable d’un certain formatage du «film de nature», ce projet d’apparence dépassée n’inspirait pas forcément la plus grande confiance. Avec une équipe réduite et surtout un ton qui n’appartient qu’à lui, Herzog remporte cependant son pari. Parce que le but n’est pas tant de capturer en images l’animal mythique que de réfléchir à cette pulsion même, ainsi qu’au recul inexorable de la nature et aux traditions ancestrales oubliées dans un contexte de course à la mondialisation technologique.


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