Une forêt de tubes métalliques incurvés, piquetés au-dessus d’une caisse, tels des tiges en bouquet dont les pétales seraient ces amples crochets, de métal également. Au bout des tiges pendent des chaînettes qui retiennent des bouchons, un par tube. Un séchoir à gants, accessoire indispensable d’un vestiaire de hockey, est une drôle de machine dont la poésie postmoderne évoque l’imaginaire de Brazil, le film de Terry Gilliams. Celle posée devant le vestiaire du Lausanne HC retient son souffle, comme les supporters avant le début des play-off. Les Lions de Malley affrontent Genève-Servette, à partir de samedi (20h) aux Vernets puis un soir sur deux jusqu’à ce qu’une équipe totalise quatre victoires.
Loin de nous l’idée que les 52 rondes de la saison régulière qui ont précédé ont alimenté une usine à gaz. Mais tout commence désormais, et c’est un moment particulier, bizarre. Les équipes qui n’ont pas eu à passer par les barrages ont traversé deux semaines dans un calme inhabituel. A l’abri des regards, elles ont fait du «jus», aiguisé lames et ambitions et laissé s’émousser les rasoirs. A la Vaudoise aréna, les joueurs qui défilent lors du «Média Day» répètent d’une voix morne combien ils sont «excités», insistent d’un ton égal sur l’importance de «gérer les émotions». Et dévient avec une application bureaucratique chaque question qui pourrait offrir une prise à la presse ou à l’adversaire. Samedi, ce sera chaud, ce sera le derby. Mais samedi seulement, pas avant.


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