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Avant de donner de l’argent de poche à votre enfant, voici ce qu’il faut avoir en tête, selon une psychologue

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Life 23/03/2026 17:00

Donner un peu d’argent à son enfant, oui… Mais à partir de quel âge, combien, et pour acheter quoi ? Conseils d’une psychologue pour faire de l’argent de poche un outil éducatif.

Selon le baromètre annuel de la néobanque Pixpay, les enfants et les ados ont reçu en moyenne 26 euros par mois en 2024.

Westend61 / Getty Images/Westend61

Selon le baromètre annuel de la néobanque Pixpay, les enfants et les ados ont reçu en moyenne 26 euros par mois en 2024.

Quand on a un enfant, arrive souvent le jour où, « pour faire comme les copains » ou pour « s’acheter des stylos Legami », il vous réclame de l’argent de poche. Mais vous hésitez : est-il suffisamment grand pour savoir gérer ses petites dépenses personnelles ? Faut-il fixer un montant, poser des conditions, et même un droit de veto sur ce qu’il compte acheter ?

Car derrière cette demande se cachent des enjeux bien plus larges : apprendre à gérer son argent, à patienter parfois plusieurs semaines pour s’offrir l’objet tant désiré, faire des choix… Et ainsi comprendre la valeur de l’argent.

Pour aider les parents à s’y retrouver, Victoria Dumont-Verfaillie, psychologue clinicienne spécialisée en parentalité, nous aide à décrypter les bonnes pratiques et les pièges à éviter.

À partir de quel âge donner de l’argent de poche ?

Faut-il commencer à donner quelques euros par mois à son enfant lorsqu’il est en primaire, attendre l’entrée au collège ? Comme nous l’explique Victoria Dumont-Verfaillie, ce n’est pas tant l’âge de l’enfant qui compte que son degré de maturité et donc sa capacité à comprendre que recevoir un peu d’argent ne veut pas dire le dépenser n’importe comment.

« Au plus tôt, je conseillerais de débuter l’argent vers 7 ou 8 ans, car c’est à partir de cet âge qu’un enfant commence à comprendre que l’argent est une valeur. C’est aussi le moment où, à l’école, il apprend la numération, le calcul. En termes d’apprentissage, l’argent de poche peut donc être intéressant », juge Victoria Dumont-Verfaillie, qui rappelle néanmoins qu’en matière d’argent de poche, il n’y a aucune obligation. « Il y a des enfants qui n’ont pas forcément d’argent de poche, à qui les parents donnent ponctuellement quelques petits sous, et ça fonctionne très bien aussi. »

Il n’y a pas non plus de règle définie pour fixer le montant donné chaque mois, rappelle la psychologue. Si les enfants et ados ont reçu en moyenne 26 euros par mois en 2024, tout âge confondu, selon le baromètre annuel de la néobanque Pixpay, c’est surtout à chaque famille de déterminer le montant le plus adapté en fonction de l’âge de l’enfant, mais aussi du niveau de vie de la famille, du nombre d’enfants dans le foyer et des objectifs éducatifs que l’on définit, estime Victoria Dumont-Verfaillie.

« Jusqu’à 10 ans, quelques euros par semaine sont largement suffisants, puis on augmente à partir du collège, pour fixer un montant entre 10 et 20 euros par mois », développe l’experte, qui rappelle que « le bon montant est celui qui va permettre à l’enfant de faire des choix et parfois aussi des erreurs ». « Il n’y a pas besoin d’avoir un budget immense pour expérimenter ce qu’est l’argent », ajoute-t-elle. De la même manière, ce budget pourra progressivement évoluer à mesure que l’enfant grandit et gagne en responsabilités.

Une manière de responsabiliser son enfant

Car donner de l’argent de poche à son enfant est avant tout un outil d’apprentissage, insiste Victoria Dumont-Verfaillie. « L’idée est vraiment d’aider son enfant à gérer ses petites économies, à développer son autonomie et à lui faire apprendre à faire des choix. » Dépenser son argent, c’est aussi choisir la manière dont on l’utilise. Se faire plaisir immédiatement, ou patienter et économiser pour acheter plus tard quelque chose de plus onéreux… Et peut-être de plus satisfaisant.

D’où l’importance, avant d’inaugurer l’argent de poche, d’avoir une vraie discussion en famille avec son enfant pour lui expliquer que ce petit pécule a une utilité, et qu’il ne doit pas le voir comme un cadeau ou comme un dû, explique la psychologue. Cette discussion est aussi nécessaire pour fixer un cadre clair : expliquer pourquoi on a décidé de lui octroyer un peu d’argent, argumenter le montant fixé chaque semaine ou chaque mois, ce qui reste pris en charge par les parents… « Il faut éviter de donner de l’argent sans rien dire ou bien de changer les règles sans prévenir », avertit Victoria Dumont-Verfaillie.

La psychologue déconseille également de le conditionner à une participation aux tâches de la maison ou à une bonne note. « Cela fait de l’argent un outil de récompense, ce qui brouille le message initial et le remplace par une logique de gains, souligne la psychologue. Il faut plutôt apprendre à l’enfant que participer la maison est nécessaire pour la vie en collectivité et que c’est pour lui qu’il travaille à l’école. » Seule exception : s’il participe à des tâches exceptionnelles, comme aider au jardin ou faire un peu bricolage. « On peut, dans ce cas-là, le remercier en lui donnant quelques euros supplémentaires. »

Lui laisser un droit à l’erreur

S’acheter tout de suite des cartes Pokémon ou attendre quelques semaines pour économiser et enfin acquérir ce jeu de Switch ? Qui dit argent de poche, dit aussi apprendre à faire des choix… Et parfois se tromper. En tant que parent, il faut réussir un numéro d’équilibriste : conserver un droit de regard sur ce qu’il achète sans exercer de contrôle permanent. « Il faut trouver un équilibre entre l’autonomie et le cadre », résume Victoria Dumont-Verfaillie. Autrement dit : le laisser gonfler sa collection de cartes Pokémon s’il insiste, tout en lui rappelant que ce qu’il dépense aujourd’hui ne pourra pas être économisé pour un plus gros achat plus tard. « L’idée est de ne pas bloquer sa prise de décision et donc son autonomie. »

D’autant plus que se tromper a aussi une portée pédagogique. « Une mauvaise dépense aujourd’hui évitera peut-être une plus grosse erreur plus tard. Il aura compris qu’avec un budget limité, il vaut parfois mieux économiser un peu ou différer les achats », conclut la psychologue.

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