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Le Programme alimentaire mondial a suspendu une partie de ses opérations dans le nord du Soudan du Sud après le pillage d’un convoi fluvial. Au moment où les violences s’intensifient et l’insécurité alimentaire menace des centaines de milliers de déplacés, cette attaque inquiète.
Passer la publicité Passer la publicitéLe Programme alimentaire mondial a annoncé suspendre ses opérations dans le comté de Baliet, dans l’État du Haut Nil, après l’attaque et le pillage d’un convoi fluvial transportant au minimum 1 500 tonnes d’aide alimentaire. Survenu entre le 30 janvier et le 1er février, l’incident intervient dans un contexte de regain des affrontements dans le nord du Soudan du Sud. Selon le PAM, «un convoi de douze bateaux a été attaqué à plusieurs reprises par des jeunes armés.» Et la cargaison, qui comprenait en outre des articles non alimentaires acheminés pour le compte de partenaires humanitaires, «a ensuite été pillée par la communauté dans divers endroits du comté de Baliet», rapporte le média sud-soudanais The City Review . Ayant condamné l’attaque, l’organisation a indiqué que ses activités resteraient suspendues « jusqu’à ce que la sécurité de son personnel, de ses partenaires et de ses sous-traitants soit assurée. »
Le PAM a exhorté les autorités à «prendre des mesures immédiates pour récupérer les marchandises volées et reprendre ses opérations dans la région.» D’autre part, il a déclaré que «les attaques contre les humanitaires sont inacceptables», rappelant que ces violences compromettent l’acheminement d’une aide destinée à des dizaines de milliers de personnes. Interrogé par le Figaro, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) estime que le pillage « souligne la détérioration rapide de la situation sécuritaire » dans les États du Haut Nil et de Jonglei. L’aide visait environ 73 000 bénéficiaires. Par la même occasion, OCHA souligne qu’aucune intervention sécuritaire n’est advenue pendant le pillage, malgré des garanties préalables.
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Le conflit actuel oppose les forces loyales au président Salva Kiir à celles affiliées à son rival Riek Machar. Déclenchée en 2013 sur fond de rivalités politiques, la guerre civile s’est sans tarder transformée en affrontements à dimension communautaire, en particulier entre Dinkas et Nuers. Malgré l’accord de paix de 2018, les tensions ont subsisté et les combats ont repris fin décembre 2025 dans tout le Soudan du Sud. OCHA indique dans son dernier rapport de la situation qu’«environ 280 000 personnes ont été déplacées à la suite du conflit dans l’État de Jonglei», après une intensification des combats et des frappes aériennes depuis le 29 décembre. Précisant que «l’escalade du conflit devrait aggraver considérablement l’insécurité alimentaire», en premier lieu dans le nord de Jonglei et le Haut Nil.
L’approche d’une période critique
Le 30 janvier, le PAM avertissait qu’environ 60 % de la population de Jonglei risquerait de connaître une insécurité alimentaire de niveau critique lors de la prochaine saison des pluies. Celle-ci débute en général en juillet, soit dans cinq mois, et rend de nombreuses routes impraticables pendant plusieurs semaines. Le positionnement des stocks avant cette échéance se révèle déterminant pour atteindre les zones isolées. Mais, selon OCHA, l’attaque de Baliet a contraint le PAM à interrompre le positionnement prévu de 12 000 tonnes de vivres. L’organisation humanitaire souligne que «les restrictions d’accès et les attaques effrontées contre les convois humanitaires menaçaient de compromettre sa capacité à venir en aide à plus de 4,2 millions de femmes, d’hommes et d’enfants parmi les plus vulnérables», écrit The City Review en citant le communiqué du PAM.
D’autre part, les partenaires humanitaires parlent d’infrastructures endommagées et de mouvements de population vers des zones où les services de base se trouvent limités. OCHA relève que «les restrictions actuelles en matière d’accès aérien, routier et fluvial continuent d’entraver la fourniture d’une aide vitale.» Face à ces contraintes, les agences maintiennent des négociations avec les autorités nationales et locales pour sécuriser les couloirs d’acheminement. Selon OCHA, sans amélioration rapide des conditions de sécurité, la capacité opérationnelle des organisations humanitaires restera fragilisée à l’approche d’une période critique pour l’approvisionnement alimentaire.


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