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L'incendie en Gironde est stabilisé depuis le 27 juillet. Les pompiers brûleurs ont été mobilisés, pour combattre le feu par le feu. Actu Bordeaux les a suivis pendant une matinée.
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Par Marie Tournier Publié le 31 juil. 2026 à 6h04
L’incendie de Saumos ravage la Gironde depuis un peu plus d’une semaine, avec 42 000 hectares de forêt brûlés. Depuis une semaine, les pompiers s’évertuent à éteindre les flammes. La fatigue commence néanmoins à se faire ressentir, auprès des équipes et notamment chez les pompiers brûleurs. Présents depuis le mercredi 22 juillet, avec des renforts venus de Dordogne deux jours plus tard, ils ne sont qu’une douzaine à avoir la formation pour allumer ces feux tactiques. Entre manque des proches, découragement et nerfs mis à rude épreuve, actu Bordeaux les a suivis pendant une matinée.
Autonome, mais sous la houlette du COS
« Allez, on y va », crie Brice Labarde, référent départemental des feux tactiques de la Gironde. Il est 10h20, ce mercredi 29 juillet, deux équipes de pompiers brûleurs partent, en mission de reconnaissance, sur le terrain. Sur le chemin, le décor est lugubre. Le convoi de quatre véhicules traverse le camping du Grand Crohot Océan. Le contraste entre les tentes encore debout et les restes calcinés, de celles dévorées par les flammes, est violent. Un panache de fumée est alors aperçu par l’équipe, il faut agir.
Sur place, un feu qui semble inoffensif pour un œil non avisé a repris. Brice plante un bâton pour voir à quelle vitesse il se propage. Trois minutes passent, le bâton est totalement consumé. Le feu se déplace vite, malgré la petitesse des flammes, au cœur d’une poche. « Le feu a fait de la mosaïque donc il a laissé des espaces verts qui peuvent risquer de propager le feu », confie Manuel Andrieu, équipier de feux tactiques.
Il faut donc rapidement prendre une décision. « Mais il faut envoyer le bull (bulldozer, ndlr) là, faut faire un pare-feu », dit Karine, la seule femme de l’équipe. Brice Labarde et Franck Desbats, tous deux cadres feux tactiques de la Gironde, doivent appeler le COS (Commandant des opérations de secours) pour avoir son autorisation. Problème, il n’y a pas de réseau, ils quittent alors un moment les membres de l’équipe.
Les équipiers, sur place, patientent, bon an, mal an pendant une heure. « Parfois, il y a des longs moments d’attente et d’inaction suivis de moments de stress, on doit toujours rester en alerte. On est autonome mais on peut rien faire sans l’accord du COS et parfois ça prend plus de temps comme là, mais hier au camp de Souge, c’était très rapide par exemple », explique Karine.
Les brûleurs ne brûlent pas toujours
Brice et Franck arrivent, enfin, suivis par un bulldozer. La reprise va pouvoir être maîtrisée. Une petite bataille gagnée dans cette guerre qui sévit depuis plus d’une semaine. Pour contenir et stabiliser le feu, les brûleurs ne brûlent pas toujours comme c’est le cas sur cette opération. « On travaille avec les éléments, il faut rester humble devant le feu il sera toujours plus fort que nous », explique Brice.
La veille, le référent était néanmoins au camp militaire de Captieux où ils ont brûlé 70 hectares. « Le feu, il progresse et va brûler ce qui n’est pas brûlé. C’est comme quand t’as faim et que tu manges. On t’enlève l’assiette, tu ne manges plus », décrit tout en image le référent à actu Bordeaux. Pour la douzaine de brûleurs qui agissent sur le terrain en surveillant, en layonnant ou en brûlant la fatigue est présente.
L’éloignement et l’inquiétude des familles
« Moi ce qui m’inquiète, c’est la santé morale des gars », confie Brice Labarde, lui-même harassé. Avec la chaleur, et les 150 kilomètres de lisière de feux à gérer, les nerfs sont mis à rude épreuve. « On commence à être énervés, les collègues girondins peuvent rentrer chez eux mais nous, on est de Dordogne, alors on peut pas, ça joue aussi. La fatigue se fait ressentir », explique Manuel Andrieu, équipier de feux tactiques.
Pour les pompiers brûleurs girondins, les retours auprès de leurs proches se comptent néanmoins sur les doigts d’une main. « Pour allumer un feu, il faut un cadre tactique, on est que quatre, car il faut faire au moins 8 à 10 ans d’études. Alors moi qui suis de Langon, je n’ai pu retourner que trois fois auprès de mes filles et ma femme. Elles sont ma bouffée d’oxygène », dit Brice, avec les larmes aux yeux.

Les pompiers doivent également se confronter à la peur de leurs proches, loin du terrain. « Ma fille s’inquiète énormément. J’essaye de la rassurer mais c’est vrai qu’au bout de sept jours, je suis brûlé de partout, les cagoules ne suffisent pas. J’ai l’oreille et un bout du nez brûlés, tu sens le découragement mais il faut pas qu’il gagne. Faut pas le laisser faire c’est pas possible », déclare le référent.
Bien que le repos soit quasi inexistant pour les équipes, elles s’acharnent à essayer de fixer cet incendie, stabilisé depuis le 27 juillet. « On sait qu’on a encore beaucoup de travail la guerre est loin d’être finie, il y en a encore pour des semaines », affirme Brice avant de reprendre le volant, en direction d’une nouvelle mission de repérage.
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