La démarche n’est pas banale. Mercredi, les rectrices et recteurs des universités francophones belges ont publié une déclaration commune pour appeler à cesser les attaques contre leurs institutions. Ils dénoncent pêle-mêle «campagnes de discrédit sur les réseaux sociaux visant des chercheurs ou des institutions, remise en cause publique de l’expertise scientifique, pressions politiques ou budgétaires sur certains domaines de recherche, tentatives d’ingérence dans les contenus d’enseignement, ou encore stigmatisation médiatique de champs d’étude jugés "idéologiques"».
Ces responsables, notamment de l’Université libre de Bruxelles ou de celle de Louvain, déplorent le recours croissant à des «ressorts populistes» et dépeignent «un climat discursif de plus en plus marqué par la disqualification et la stigmatisation de catégories sociales diverses, parmi lesquelles figurent désormais les chercheurs et universitaires, parfois réduits à la figure d’« intellectuels auto-proclamés».
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Un contexte local, une crainte globale
La démarche a d’abord une origine nationale. Les universités belges sont visées par des mesures d’économie depuis l’année passée. En avril 2025, 2000 chercheurs et enseignants ont signé une tribune présidant un «avenir sombre pour les universités», «un désastre annoncé» voire «une catastrophe».
Les polémiques ne portent pas que sur les budgets. Le 13 janvier dernier, devant des militants, Georges-Louis Bouchez, le président du Mouvement réformateur – l’un des principaux partis du pays, de centre-droit – a décoché quelques flèches à l’égard des universités francophones. Il a affirmé que l'Université libre de Bruxelles se situe «dans un triangle des Bermudes» gauchiste, avec la RTBF et le boulevard de l'Empereur, adresse du siège du Parti socialiste. L’homme est aussi un familier des attaques contre le service public audiovisuel, sur le même mode de ce qui s’entend en Suisse ces jours autour de l’initiative pour la redevance à 200 francs.
Les rectrices et recteurs belges sortent toutefois de leur cadre national. Ils relèvent ainsi que «dans certains contextes, notamment aux Etats-Unis, le travail scientifique est ouvertement remis en cause au profit de récits simplificateurs ou idéologiquement orientés, contribuant à l’émergence d’une forme de "post-vérité" qui marginalise la raison critique et le savoir fondé sur des méthodes éprouvées.» Avant de conclure: «L’Université, et à travers elle la liberté académique, constituent l’un des piliers d’une société démocratique orientée vers un progrès partagé, au service du plus grand nombre, qu’il convient de protéger.»
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