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DÉCRYPTAGE – Découvrez ce qui a plu... et déplu à la rédaction du Figaro lors de la victoire de l’Argentine face au Cap-Vert (3-2 a.p), vendredi, en 16e de finale de la Coupe du monde 2026.
TOPS
Messi, l’homme qui marche sur l’eau
Alors qu’il venait d’inscrire son 20e but en Coupe du monde à la demi-heure de jeu, son huitième lors de ses huit derniers matches dans la compétition et déjà le septième dans ce Mondial – de quoi reprendre seul la tête du classement des buteurs devant Kylian Mbappé –, Lionel Messi ne se doutait sans doute pas de la tournure que prendrait cette rencontre, qui a vu l’Albiceleste arracher sa qualification pour les huitièmes de finale dans la souffrance face au Cap-Vert (3-2 a.p). Mais même lorsque les Requins bleus sont revenus par deux fois au score, d’abord peu après la reprise puis en prolongation, «La Pulga» a continué de se battre. Comme rarement. Le numéro 10 argentin a tout tenté : neuf tirs au total, dont six cadrés, et trois occasions créées. En face, le gardien cap-verdien, Vozinha, a repoussé les assauts de l’octuple Ballon d’Or comme rarement dans sa carrière.
Inlassable, le maître à jouer argentin a poursuivi ses efforts, enchaînant les courses, obtenant les bons coups francs, et maintenant la pression sur une défense cap-verdienne héroïque. Jusqu’à délivrer, à quelques minutes d’une séance de tirs au but qui semblait inévitable, un corner millimétré pour la tête de son coéquipier Cristian Romero, offrant définitivement la victoire à l’Albiceleste – un contre son camp finalement attribué à Diney Borges. Ce geste décisif porte encore un peu plus Messi dans l’histoire du Mondial : l’homme du match devient seul détenteur du record de passes décisives en Coupe du monde, avec neuf offrandes. Au total, le meneur de jeu argentin aura touché 83 ballons dans cette rencontre folle, continuant, à 39 ans, de défier toutes logiques du temps.
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Les Requins bleus homériques
Quelle prestation absolument incroyable des joueurs de Pedro Leitão Brito, qui sont entrés par la grande porte dans l’histoire de la Coupe du monde. Plus petit pays de ce Mondial en termes de population (environ 500 000 habitants), le Cap-Vert, malgré sa défaite en prolongation face à l’Albiceleste, quitte la compétition avec les honneurs et beaucoup de panache. Les Requins bleus n’auront perdu aucun match dans le temps réglementaire (quatre rencontres nulles) et auront fait vibrer leurs supporters comme rarement, notamment lors de ce huitième de finale grandiose face à l’Argentine. Les Cap-Verdiens, auteurs de deux buts splendides, ont bousculé les champions du monde comme rarement, les poussant dans leurs derniers retranchements physiques et mentaux. Les coéquipiers de Vozinha ont tout donné, jouant crânement leur chance jusqu’à frôler l’impensable. On se souviendra longtemps du parcours du Cap-Vert. La révélation de la compétition. Héroïques.
Vozinha et Lopes Cabral dans la légende
Les grands noms de cette soirée épique côté Cap-Vert. Le premier, déjà remarqué lors de la phase de poules, a confirmé tout son talent. Performance absolument exceptionnelle du gardien des Requins bleus, qui aura mis en échec Lionel Messi comme rarement dans sa carrière. Le portier cap-verdien – qui s’est tout de même fait quelques frayeurs au pied face aux attaquants argentins – termine la rencontre avec huit arrêts sur 11 tirs subis. À 40 ans. Prodigieux.
De son côté, le latéral droit a tout simplement inscrit l’un des buts de ce Mondial. Auteur de la seconde égalisation cap-verdienne – après le premier joli but signé Deroy Duarte –, il a déclenché une frappe enroulée du droit absolument splendide, qui a laissé Emiliano Martínez sans réaction. La lucarne argentine a été nettoyée, sous les yeux médusés des supporters des champions du monde venus en nombre à Miami. Une réalisation exceptionnelle, désormais dans la légende de la Coupe du monde, au point que le joueur des Requins bleus a laissé éclater sa joie en allant célébrer avec ses supporters en tribunes. Quelques minutes plus tard, sur coup franc dans les derniers instants de la prolongation, Lopes Cabral a bien failli récidiver avec une nouvelle tentative puissante, mais cette fois-ci, le portier de l’Albiceleste s’est montré décisif.
La «vista» de Lisandro Martínez
Un des hommes forts du succès arraché par l’Argentine. Le défenseur central de l’Albiceleste s’est d’abord illustré en mettant Lionel Messi sur orbite sur l’ouverture du score à la demi-heure de jeu, grâce à une longue et splendide ouverture, avant de redonner l’avantage aux champions du monde dès le début de la prolongation, d’une frappe du gauche puissante à bout portant. Le numéro 6 argentin affiche un total impressionnant de 131 ballons touchés dans cette rencontre, pour 120 passes tentées et 97,5 % de réussite. Un véritable match de patron pour l’arrière central, qui s’est effondré mains au sol au coup de sifflet final, tel un gladiateur au terme de son combat.
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La «grinta» du milieu argentin
Longtemps dans ce huitième de finale, les milieux de terrain argentins ont régné en maîtres. Rodrigo De Paul, Alexis Mac Allister et Enzo Fernández se sont battus comme des lions. Un volume de jeu impressionnant pour les trois « soldats » de l’Albiceleste : 106 ballons touchés et 90 % de passes réussies pour le premier, 133 et 92 % pour le second. À l’exception de De Paul, remplacé par Leandro Paredes avant la prolongation, les deux autres ont disputé l’intégralité des 120 minutes. Un abattage colossal pour des joueurs qui se sont battus comme des lions et ont tout donné, fidèles à leur intensité habituelle, jusqu’à finir... complètement sur les rotules.
FLOPS
Les champions du monde au supplice
Qui aurait pu imaginer que le Cap-Vert pousse l’Argentine jusqu’en prolongation et contraigne les champions du monde dans leurs ultimes retranchements ? Les coéquipiers de Lionel Messi ont terminé la rencontre lessivés, sur les genoux, totalement vidés par ce huitième de finale rocambolesque face à une équipe aussi surprenante que sensationnelle. Dans les dernières minutes du temps réglementaire, les hommes de Lionel Scaloni ne parvenaient plus à conserver le ballon, recroquevillés dans leurs 30 mètres et contraints de faire bloc face aux assauts cap-verdiens. Non pas par choix, mais par incapacité à faire autrement. Une physionomie de match qui interroge sur l’état physique des Argentins dans cette compétition, bousculés comme rarement ce vendredi sous les quasiment 30 °C de Miami. Physiquement, l’Albiceleste a tiré la langue, et a suffoqué même. Et cela n’est pas anodin.
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Lautaro Martínez inexistant
Il aura traversé ce match tel un fantôme. L’avant-centre argentin n’a jamais pesé sur la défense cap-verdienne, restant totalement transparent à la pointe de l’attaque de l’Albiceleste. Dans un registre bien différent de celui qu’il occupe habituellement sous les couleurs de l’Inter Milan, l’attaquant évolue sous les ordres de Lionel Scaloni dans un rôle de point d’appui et de libérateur d’espaces, notamment pour mettre en valeur Lionel Messi. « El Toro » s’y plie, mais s’y efface largement. La preuve : seulement 19 ballons touchés et 12 passes réussies, pour aucun tir tenté. Un bilan famélique pour Lautaro Martínez. Le numéro 22 ne s’est signalé qu’à une reprise, en offrant une occasion à Lionel Messi, avant de céder sa place à l’heure de jeu à Julián Álvarez à l’heure de jeu, qui n’a guère fait mieux.


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