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Après le triomphe de son rival Andy Burnham, tout le monde se demande ce que va faire Keir Starmer

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International 19/06/2026 14:04 Actualisé le 19/06/2026 14:27

Démissionner tout de suite ou soigner sa sortie ? Le Premier ministre britannique semble acculé après la victoire de son rival travailliste lors d’une législative partielle.

Keir Starmer, ici dans le nord-ouest de l’Angleterre en février 2025, risque son poste de Premier ministre après la victoire d’Andy Burnham à la législative partielle de Makerfield.

OLI SCARFF / AFP

Keir Starmer, ici dans le nord-ouest de l’Angleterre en février 2025, risque son poste de Premier ministre après la victoire d’Andy Burnham à la législative partielle de Makerfield.

EN BREF Andy Burnham, surnommé « le Roi du Nord » a remporté une législative partielle qui le propulse comme rival numéro 1 de Keir Starmer.
Le Premier ministre britannique fragilisé par des erreurs est sous pression mais refuse d’imaginer une démission.
Pour éviter une élection interne au parti travailliste qui serait trop conflictuelle, les deux hommes pourraient faire une transition concertée d’ici la fin de l’année.

Au Royaume-Uni, Andy Burnham est connu comme « le Roi du Nord ». Ce surnom tiré de la série Game of Thrones donne une rapide idée des ambitions du maire du Grand Manchester, très largement élu député jeudi 18 juin lors d’une législative partielle. Il est prêt au combat. Dans son discours de victoire, le travailliste n’a pas caché son objectif : remplacer le Premier ministre Keir Starmer, fragilisé par plusieurs faux pas et la nomination controversée de son ambassadeur à Washington.

« C’est la dernière chance pour le Labour de changer », a lancé Andy Burnham à ses soutiens galvanisés. À ceux qui lui reprochent de s’être servi de cette élection comme d’un tremplin pour Downing Street, il n’esquive pas et répond qu’elle est une « pierre angulaire, pas une pierre de gué ».

Pour de nombreux observateurs de la vie politique britannique, la question n’est désormais plus de savoir si Andy Burnham va remplacer Keir Starmer, mais quand. « Le consensus général est que d’ici Noël, il aura pris sa place à Downing Street, d’une manière ou d’une autre », nous expliquait Kate Nicholson, journaliste au HuffPost britannique, dans une interview publiée jeudi. Plusieurs scénarios se dessinent, avec une seule variable : le temps, plus ou moins long, que mettra ce maire populaire — personnalité politique préférée des Britanniques selon l’institut YouGov — à ouvrir la porte du « Number 10 ».

Keir Starmer et la possibilité du « chaos »

Face aux résultats bien moins serrés qu’attendus jeudi, Keir Starmer pourrait décider de démissionner, notamment si des ministres menacent de quitter le gouvernement s’il ne cède pas sa place. Maintenant qu’il est député, Andy Burnham pourrait dans ce cas convoquer une élection interne pour la tête du parti — et donc le poste de Premier ministre. Il lui faudrait rassembler 81 parrainages de députés travaillistes pour se lancer.

Au vu du séisme politique que représente sa victoire, d’autres figures travaillistes oseront-elles tenter, elles aussi, leur chance ? Plusieurs noms sont régulièrement cités, comme celui de Wes Streeting, l’ancien ministre de la Santé qui a démissionné le mois dernier, l’ancienne N °2 du gouvernement Angela Rayner, le ministre de la Défense John Healey, ou celui des Forces armées Al Carns. Mais selon des sondages, Andy Burnham est le seul à pouvoir battre clairement Keir Starmer.

Pour l’heure, ce scénario reste incertain. Car le Premier ministre actuel s’accroche à son siège et n’a cessé de répéter qu’il se « battrait » pour y rester, arguant qu’un nouveau scrutin créerait un « chaos » dont son pays n’a pas besoin. « S’il y a un vote pour la direction du parti travailliste, alors, oui, je serai candidat », a encore déclaré Keir Starmer aux journalistes lors d’un déplacement à Londres ce vendredi matin, ajoutant qu’il « ne reculerait pas » devant cette éventualité.

La crainte d’une instabilité politique semble partagée au sein de son parti. « Beaucoup de députés travaillistes ne veulent pas d’une nouvelle élection », abonde la journaliste Kate Nicholson. « Ils pensent qu’il y a déjà eu beaucoup de changements et que les Britanniques veulent voir bouger leur niveau de vie, pas leurs dirigeants, alors qu’on a déjà eu beaucoup de Premiers ministres », ajoute-t-elle. Downing Street a déjà connu cinq locataires (Theresa May, Boris Johnson, Liz Truss, Rishi Sunak et Keir Starmer) depuis le départ de David Cameron après le Brexit de 2016.

Selon le Guardian, même l’entourage d’Andy Burnham a demandé aux ministres de ne pas annoncer leur démission ce week-end. « On essaie de les retenir. On ne veut pas d’une dégringolade à la Boris Johnson. S’ils essaient de forcer Keir [Starmer] avec une approche kamikaze, ce sera contreproductif », estime un cadre de sa campagne, interrogé par le quotidien britannique.

Le week-end le plus long

Un autre chemin, plus probable, se dessine. Celui d’une transition concertée entre les deux hommes, qui prendrait plus de temps mais assurerait une sortie digne à Keir Starmer et éviterait une élection interne fratricide. « Keir Starmer doit choisir entre une sortie dans le sang ou une sortie digne. Il ne pourra pas battre Andy Burnham lors d’une élection », estime une source interrogée par Sky News. Pour le Guardian, cela pourrait notamment permettre au Premier ministre de réaliser une dernière mission diplomatique au sommet de l’Otan à Ankara début juillet.

En attendant, Keir Starmer joue aux équilibristes. Forcé jeudi soir de souligner la large victoire de son parti, qui a notamment défait le mouvement anti-immigration Reform UK pourtant en tête de tous les sondages nationaux depuis des mois, il a salué une campagne « porteuse d’espoir et d’optimisme » face à « la division et la haine ». Ce vendredi, le chef du gouvernement a toutefois défendu son bilan face aux critiques, assurant qu’il avait fait des « choses incroyables » sur le front de l’économie, des services publics ou de l’immigration.

Son avenir devrait se jouer dans les jours qui viennent. Sky News croit savoir que les deux hommes pourraient se rencontrer dès cette fin de semaine. Selon le HuffPost britannique, Andy Burnham ne devrait pas lancer les hostilités avant d’être formellement investi à la Chambre des communes la semaine prochaine. Pour Keir Starmer, ce week-end pourrait être le plus long de son mandat de Premier ministre.

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