Les actions chinoises connaissent un début d’année en fanfare, illustré par la hausse de 3% de l’indice MSCI China. Autre mesure de la bourse chinoise, le CSI 300 a atteint mardi soir son plus haut niveau depuis quatre ans, après avoir progressé de 17% l’an dernier. Le marché a surmonté le creux apparu en novembre 2025, sur fond de craintes sur les valeurs technologiques et le financement des investissements dans ce secteur. On assiste actuellement à une reprise de la forte hausse des marchés chinois commencée à l’automne 2024. Mais le problème de la consommation domestique, toujours en berne, n’est pas résolu et d’autres marchés émergents présentent de meilleures opportunités. Faut-il vendre la Chine?
Le retour de l’optimisme sur l’intelligence artificielle, dans laquelle la Chine est en avance, explique la hausse du début d’année, de même qu’un environnement global porteur, avec une baisse des taux d’intérêt et des plans de relance des deux côtés de l’Atlantique.
Politique «anti-involution»
«Les valeurs chinoises de la technologie ont surperformé et de nouvelles mesures de soutien ont été annoncées à l’automne, avec une baisse des taux hypothécaires des banques en mains publiques et des subventions pour des équipements électroniques», analyse Wim-Hein Pals, responsable des pays émergents chez Robeco, aux Pays-Bas, qui relève que le sentiment envers l’Asie et les pays émergents s’est amélioré.
Cette embellie résulte aussi du changement de ton du gouvernement central à l’automne 2024, «lorsqu’il a montré qu’il s’attaquait aux problèmes de l’économie chinoise, qui subissait depuis deux ans une baisse des prix de l’immobilier et de la consommation, ceux-ci étant très liés en Chine», analyse Alexandre Tavazzi, de Pictet Wealth Management.
Ces mesures ont été suivies en 2025 par une politique «anti-involution». Pékin a alors incité les entreprises à ne plus se battre sur les prix et à éviter d’avoir des surcapacités de production, précise le responsable de la recherche macroéconomique. Principal bénéficiaire, le secteur des matières premières chinois affiche plus de 125% de hausse sur les douze derniers mois. «Globalement, le scénario d’une déflation des ménages chinois s’est inversé», poursuit Alexandre Tavazzi.
Toujours l’immobilier
Priorité de la stratégie économique chinoise en 2025, la consommation reste un problème structurel, découlant des difficultés du marché immobilier: les prix des biens ayant baissé, leurs propriétaires sont moins enclins à consommer. «Une offre excédentaire de biens immobiliers est toujours visible en dehors des villes de première importance, ce qui provoque un effet de richesse négatif, et ce problème ne va pas disparaître en 2026», reprend Wim-Hein Pals, qui supervise plus de 10 milliards de dollars d’avoirs dans la stratégie actions marchés émergents de Robeco.
Signe encourageant, les bénéfices des entreprises chinoises devraient progresser de 10% en 2026, selon le consensus des économistes, contre + 4% en 2025. Autre facteur favorable, la valorisation des actions chinoises reste attractive, même si elle est passée de 10 fois fin 2024 à 14 fois actuellement.
«Les investisseurs doivent toujours distinguer ce qui relève de la «vieille économie», comme l’immobilier en déclin structurel à cause de la baisse de la population, et les secteurs gagnants, portés par la vision stratégique de Pékin, comme les énergies renouvelables, un levier essentiel pour atteindre l’autonomie énergétique visée par Pékin», conclut Alexandre Tavazzi.
«Pas vendeur»
Malgré la forte progression des actions chinoises depuis quelque dix-huit mois, Wim-Hein Pals, de Robeco, ne voit pas de signe de surchauffe. «Les valorisations restent généralement raisonnables et le marché chinois n’a pas reçu d’allocation massive de la part des grands investisseurs étrangers; enfin, après plusieurs années difficiles, les actions chinoises sont parties d’une base relativement basse pour réaliser la forte performance de 2025», précise celui qui voit davantage d’opportunités dans les actions «A», cotées en Chine continentale, que dans les actions «H», traitées à Hongkong et davantage recherchées par les investisseurs. Les valeurs technologiques lui semblent attractives en particulier.
Finalement, est-il temps de vendre la Chine? Notre interlocuteur montre un optimisme prudent: «Dans notre portefeuille des marchés émergents, nous sommes sous-pondérés sur la Chine, même si nous avons été acheteurs en 2025. Dans l’univers émergent, nous voyons plus d’opportunités en Corée, en Afrique du Sud, en Pologne ou au Vietnam, mais nous ne sommes pas vendeurs sur la Chine.»


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