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Protéger les enfants ou ficher les adultes ? Avec sa nouvelle vérification d’âge, Apple choisit délibérément les deux.
Un écran de vérification obligatoire, deux options : se soumettre ou subir les restrictions
Dès l’installation de la mise à jour, les utilisateurs se voient proposer un choix aussi limité qu’inquisiteur : soit scanner une pièce d’identité officielle (permis de conduire, carte nationale), soit utiliser une carte de crédit déjà enregistrée dans leur Apple ID. Ceux qui refusent ou échouent à compléter la procédure se retrouvent automatiquement placés sous un régime de restrictions dignes d’un logiciel de contrôle parental : filtres de contenu activés par défaut, applications bloquées, navigation web censurée, et même une analyse automatisée des messages pour détecter des images « sensibles » – comme des photos de nudité.
Apple justifie cette mesure en invoquant la loi britannique. Pourtant, l’Online Safety Act, adopté pour protéger les mineurs des contenus nocifs en ligne, ne s’applique qu’aux sites web et services en ligne, et non aux systèmes d’exploitation des smartphones. Rien n’oblige donc Apple à intégrer une telle vérification au niveau même d’iOS. Une initiative saluée par le régulateur britannique Ofcom, mais qui soulève une question troublante : pourquoi une entreprise privée s’octroie-t-elle le droit de vérifier l’identité de ses utilisateurs, alors que la loi ne l’exige pas ?
35 million UK iPhone users now have to provide a credit card or ID just to use their phone normally.
The recent update mentioned new emojis & updates to Apple Music, only for users to be confronted with an Age Verification screen.
Apple said UK law requires this. It doesn’t.
— Proton VPN (@ProtonVPN) March 30, 2026
L’Online Safety Act : un paravent légal pour une surveillance généralisée
Le Royaume-Uni a bien adopté l’Online Safety Act pour renforcer la protection des mineurs en ligne. Mais cette loi cible avant tout les plateformes et les sites web, pas les fabricants de smartphones. En intégrant cette vérification directement dans iOS, Apple ne se contente pas de respecter la loi : elle l’étend, créant un précédent dangereux. Désormais, chaque utilisateur britannique doit lier son identité réelle à son appareil, une information qui sera ensuite partagée en arrière-plan avec les applications et services.
Les conséquences sont immédiates : sans vérification, l’iPhone bascule en « mode enfant », bloquant l’accès à des contenus pour adultes, activant des outils de surveillance des messages, et limitant drastiquement les fonctionnalités de l’appareil. Une mesure qui, sous couvert de sécurité, instaure une forme de chantage numérique : soumettez-vous, ou votre téléphone deviendra inutilisable.
La révolte des utilisateurs : entre résignation et recherche d’alternatives
Sur les réseaux sociaux, la colère gronde. Des milliers d’utilisateurs britanniques expriment leur indignation, évoquant un « abus de pouvoir », une « atteinte à la vie privée », ou encore une « normalisation de la surveillance ». Certains envisagent de retarder la mise à jour, d’autres de migrer vers Android. Mais le plus inquiétant reste l’arbitraire du système : les comptes anciens ou ceux disposant d’un moyen de paiement enregistré semblent parfois exemptés de vérification, révélant une application inégale et opaque de la mesure.
Pire encore, cette vérification crée un lien indélébile entre l’identité de l’utilisateur et son appareil. Une fois validée, l’information est transmise aux applications et services, ouvrant la porte à un fichage systématique. « Un téléphone personnel ne devrait pas exiger une pièce d’identité pour fonctionner », résume un utilisateur sur Reddit. Pourtant, c’est désormais la réalité imposée par Apple.


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