En révélant que Banksy est bien celui que l’on croyait être depuis des décennies, trois journalistes de Reuters viennent probablement de rentrer dans l’histoire de l’investigation avec le titre de l’information la plus partagée du monde et, en même temps, la moins retenue durablement dans le détail.
Dans quelques semaines, tout le monde aura sans doute oublié le nom réel de Banksy. Au fond peu importe qu’il s’appelle Robin Gunningham ou David Jones. Car très rapidement, le débat s’est déporté sur une question indirecte posée par cette révélation: est-ce vraiment nécessaire d’en savoir davantage sur l’identité de l’inconnu le plus connu au monde? Lui et les médias jouaient avec coquetterie à ce petit jeu depuis des années. L’artiste qui se rêvait volontiers antisystème était en réalité soutenu par tout ce qui se fait comme communication médiatique grand public et son anonymat mollement toléré au service d’un marronnier médiatique générateur de clics. Avec ses révélations, Reuters vient casser l’ambiance légère qui flottait autour de l’artiste, qui, à défaut de représenter un danger pour qui que ce soit, intéressait le grand public avec ses créations dont le contenu embrassait avec une gourmandise peu subtile l’ère du moment.


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