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Annonce le 11 mars : la Coalition espère, mais demeure prudente

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SANTÉ. Alors que le dépôt du prochain budget provincial approche tranquillement, une avancée dans le projet du nouvel hôpital de Drummondville doit se faire le 11 mars prochain. Ceci donne un peu d’espoir aux membres de la Coalition, mais ils restent sur leurs gardes malgré tout.

Pour rappel, le 25 février dernier, le ministre responsable des Infrastructures, Benoît Charette, a souligné qu’il y aura «une suite à donner» concernant le projet du nouvel hôpital le 11 mars prochain. Il a affirmé que sa formation politique «respectera l’engagement [concernant sa] mise à l’étude» au Plan québécois des infrastructures (PQI).

Dans le récent épisode du balado La Table ronde de L’Express, le président du conseil d’administration (CA) de la Coalition pour un nouvel hôpital régional à Drummondville, Robert Pelletier, a fait savoir que lui et les membres n’ont pas plus de détails concernant cette annonce potentielle.

«L’engagement du gouvernement [du Québec] était de [mettre à l’étude le projet] dans l’année financière actuelle. L’an dernier, après le dépôt du budget, nos députés nous ont confirmé que [la mention à la page A-7] était une excellente nouvelle. On est 11 mois plus tard et cette autorisation du Conseil des ministres se fait toujours attendre», met-il en évidence.

Robert Pelletier est le président du conseil d’administration de la Coalition pour un nouvel hôpital régional à Drummondville. (Photo : archives, Ghyslain Bergeron)

«La déclaration [de M. Charrette] nous donne un peu d’espoir, mais on demeure prudent parce qu’on a déjà eu des espoirs comme ça qui ont été rompus. Je vous dirais que le niveau de confiance a augmenté, mais on a hâte de le voir écrit noir sur blanc dans une décision du Conseil des ministres publié dans la Gazette officielle», espère M. Pelletier.

Le président du CA de la Coalition insiste que la région ait besoin «d’un signal clair» de la part du gouvernement de la CAQ disant que le projet du nouvel hôpital de Drummondville va arriver. «Si on a un bris de service [à l’hôpital Sainte-Croix], on est à 45 minutes de n’importe quel établissement de santé. Donc, on a des enjeux en termes de distance et de temps s’il nous arrive des pépins majeurs», explique-t-il.

L’urgence modulaire avant le nouvel hôpital?

Depuis quelques semaines, des rumeurs circulent concernant le fait que le projet d’urgence modulaire pourrait être priorisé dans le prochain PQI, mais pas la construction du nouvel hôpital régional. Robert Pelletier reconnait avoir entendu parler de celles-ci en privé comme en public.

Il rappelle l’important dans ce dossier : pouvoir débuter le plus tôt possible le travail visant la mise en place d’un nouvel hôpital. «Parallèlement à ça, évidemment, il faut continuer à donner des services et [l’urgence modulaire] est important à ce niveau-là», indique le président du CA de la Coalition.

«Cependant, on doit commencer maintenant le calendrier de réalisation du nouvel hôpital. Sinon, pour combien de temps met-on en place des mesures temporaires? Pour 8 ans? 10 ans? 15 ans? 30 ans?» se demande-t-il tout en réitérant que l’urgence modulaire ne peut pas se faire sans que débutent les travaux du futur établissement de santé régional.

Déficit fonctionnel

Toujours à l’occasion du dernier balado de La Table ronde, M. Pelletier était accompagné de la Dre Catherine Tétreault, médecin de famille à l’hôpital Sainte-Croix et membre de la Coalition, ainsi que de Jacinthe Cloutier, présidente-directrice générale adjointe (PDGA) du CIUSSS MCQ.

Les trois sont revenus sur l’état actuel de l’hôpital Sainte-Croix. Entre la vétusté physique de certaines installations et le vieillissement visible du bâtiment, un aspect moins connu de son état concerne le déficit fonctionnel dans l’organisation des services.

Dre Catherine Tétreault est médecin de famille à l’hôpital Sainte-Croix ainsi que membre de la Coalition. (Photo : archives, Ghyslain Bergeron)

La Dre Tétreault a illustré ce point en prenant l’exemple d’un patient qui est à l’urgence et qui doit être transféré aux soins intensifs parce qu’il a besoin d’un respirateur.

«En général, dans les nouveaux hôpitaux, l’urgence et les soins intensifs sont collés dans le bâtiment. Chez nous, il y a trois étages entre les deux. Il faut prendre un ascenseur, déplacer le patient avec son matériel, son respirateur, etc., à chaque fois. Ce genre d’éléments, c’est notre pain et notre beurre habituels parce que notre hôpital est fait comme ça. Mais, dans les hôpitaux plus récents, le bloc opératoire va être central et les départements critiques, comme l’urgence, les soins intensifs et l’obstétrique, vont tous être proches [l’un de l’autre] pour optimiser le parcours des patients», détaille-t-elle.

Des travaux de maintien d’actifs seront nécessaires au sein de l’hôpital Sainte-Croix en attendant l’arrivée du nouvel établissement de santé. Présentement, la PDGA du CIUSSS MCQ s’inquiète surtout de ce qui se trouve à l’intérieur des murs.

«La priorité d’agir est au niveau du groupe d’électrogènes, comme les génératrices. On en a eu des pannes électriques où on a été capable de prendre le relais, mais on ne pourra pas ajouter des surcharges au niveau de notre zone électrogène, et, à un moment donné, on ne suffira plus à la tâche», affirme Jacinthe Cloutier.

Les trois intervenants très actifs dans le dossier du nouvel hôpital gardent espoir en vue du prochain budget provincial. Catherine Tétreault est fière du fait que la communauté ait réussi à mettre le dossier sur le radar du gouvernement.

«À Drummondville, on n’est pas des chialeurs. Lorsqu’on a un problème, on va trouver une solution par nous-mêmes et on ne demande pas trop d’aide aux autres. Mais là, on est arrivé à un point où on n’est plus capable de s’arranger tout seul. Donc, imaginez [ce que le personnel de Sainte-Croix] sera capable de faire dans de belles infrastructures», laisse entendre en terminant la médecin de famille.

Écoutez l’entretien complet dans notre plus récente Table ronde disponible ici.

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