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Alpenzu, la vie à 1778 mètres – épisode 2: «Faire sans»

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Publié le 28 décembre 2025 à 20:13. / Modifié le 28 décembre 2025 à 20:14. 11 min. de lecture

Retrouvez chaque jour un nouvel épisode du feuilleton dans notre dossier.

Cet été, de chers amis sont venus nous rendre visite depuis le Danemark. Avant d’arriver, l’un d’eux avait assuré que, comme de toute façon il se levait très tôt, il se ferait un plaisir d’aller chercher du lait et des croissants tous les matins pour le petit-déjeuner. Mais notre ami s’est découragé dès la première montée et nous dîmes adieu aux brioches. Alpenzu tend un miroir peu flatteur aux citadins occidentaux que nous sommes, très mal à l’aise, affolés même, à l’idée de manquer. J’ai beau prévenir que la montée est raide, très raide, qu’il faut prendre le minimum, les voilà qui arrivent avec des sèche-cheveux, des vestes en cuir cintrées qui ne coupent pas le vent, des tongs, des biberons en verre, des pots de Nutella géants, des concombres. La première fois que nous sommes montés à Alpenzu, j’ai emporté mon sac à main. Avec toutes mes cartes, des journaux, des carnets, des stylos et bien sûr, mes clés de Genève (sait-on jamais). Et mon ordinateur. Et mon chargeur d’ordinateur. Et cinq livres. (Pour cinq jours). Voilà. Peu à peu, j’ai tout éliminé, en commençant par le sac à main et en terminant par la trousse de maquillage. Nous avons désormais une petite bibliothèque dans le salon mais avons fini par admettre que nous lisons très peu en vacances avec les enfants.

On a beaucoup critiqué le philosophe et naturaliste Henry David Thoreau – c’est, je crois, un article du New Yorker datant de 2015 qui a ouvert les hostilités – pour son manque de transparence quant aux faits autobiographiques rapportés dans Walden ou la vie dans les bois. Alors que dans ce célèbre ouvrage, l’auteur fait l’apologie d’une vie plus simple, qui tendrait vers la pureté – ou le puritanisme selon le point de vue –, il est aujourd’hui avéré que Thoreau parcourait plusieurs fois par semaine les vingt minutes à pieds qui séparaient sa cabane au bord du lac de son village natal de Concord (Massachusetts) et des gâteaux de sa mère – laquelle lui rendait régulièrement visite avec ses sœurs et lui apportait des repas dont Thoreau ne s’est pas non plus vanté dans son livre.

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