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Débouté en France, l’ancien porteur de la flamme olympique en 2024 espère obtenir réparation après ses années de travail forcé pendant la Seconde Guerre mondiale.

MIGUEL MEDINA / AFP
Albert Corrieri a annoncé, ce lundi 15 juin, saisir la Cour européenne des droits de l’homme pour obtenir « le paiement de ses heures » effectuées en Allemagne lors de ses années de travail forcé pendant la Seconde Guerre mondiale.
Réclamer son dû. À 104 ans, Albert Corrieri a annoncé saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), ce lundi 15 juin, pour obtenir « le paiement de ses heures » effectuées en Allemagne lors de ses années de travail forcé pendant la Seconde Guerre mondiale. Le doyen des porteurs de la flamme aux Jeux olympiques avait été envoyé à 20 ans dans le pays sous régime nazi.
Albert Corrieri réclame 43 200 euros, soit 10 euros de l’heure, pour la période de travail accomplie notamment dans une usine chimique à Ludwigshafen, dans l’ouest de l’Allemagne, du 13 mars 1943 au 15 avril 1945.
Employé comme plombier dans un restaurant du Vieux-Port de Marseille, Albert Corrieri avait été envoyé dans le cadre du Service du travail obligatoire (STO), instauré par le gouvernement de Vichy pour répondre aux exigences allemandes, puis interné dans un camp. Il y chargeait des wagons de charbon pour soutenir l’effort de guerre de l’Allemagne nazie avant d’être blessé au bras lors des bombardements alliés.
Débouté en France par la Cour administrative d’appel de Marseille en 2025, Albert Corrieri se tourne désormais vers la justice européenne pour réclamer son « dû », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse organisée au cabinet de son avocat ce lundi 15 juin.
« La France a une dette envers moi »
« J’ai été réduit à l’état d’esclave, contraint d’effectuer les travaux les plus pénibles sous la menace des armes, six jours sur sept, dix heures d’affilée, de jour comme de nuit, et sans percevoir le moindre centime de rémunération », a témoigné Albert Corrieri. « J’estime que la France a une dette envers moi », a ajouté le centenaire.
La cour admistrative d’appel de Marseille avait rejeté sa demande de dédommagement en se fondant sur la loi du 14 mai 1951 relative au statut des personnes contraintes au travail en pays ennemi, qui a selon la juridiction administrative « permis l’indemnisation des préjudices de toute nature causés aux victimes » du STO, « y compris, le cas échéant, leur préjudice financier ».
« Ce combat dépasse sa personne. Il s’agit de faire reconnaître l’esclavage moderne de la Seconde Guerre mondiale », a estimé Me Michel Pautot, son avocat. Pour le conseil, « l’État français aurait dû créer un fonds d’indemnisation pour les rescapés comme Albert qui se comptent sur les doigts d’une main ».
« Le temps presse. À 104 ans, Albert est au grand crépuscule de sa vie » et « la cour européenne est donc notre ultime espoir », a poursuivi l’avocat, qui défendait également les intérêts d’Erpilio Trovati, un autre ancien du STO. Mais cette action s’est éteinte après son décès à l’automne.


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