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En clôture des questions au gouvernement mardi, Laure Miller a dénoncé les députés qui «se renvoient la balle comme des gamins dans une cour d’école», jugeant l’attitude déplacée au vu du contexte.
Passer la publicité Passer la publicitéSans surprise, la mort tragique de la jeune Lyhanna, 11 ans, devenue un symbole des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, a plané sur les questions au gouvernement tenues ce mardi à l’Assemblée nationale. Alors que la séance s’est ouverte par une minute de silence, précédée de mots forts de la présidente de l’institution, Yaël Braun-Pivet - «La République a cruellement et collectivement failli à ce devoir : elle n’a pas su protéger celles et ceux qui devaient l’être» - , elle s’est conclue par une sortie virulente de la députée Renaissance Laure Miller. Papier en main, l’élue macroniste de la Marne devait, comme le veut l’exercice, interpeller un membre de l’exécutif sur la thématique de la petite enfance.
Mais elle a préféré laisser libre cours à son exaspération, se disant agacée par le dogmatisme de ses collègues. « Je n’ai plus du tout envie de suivre mon propos parce que j’ai honte de l’image qu’on donne », a-t-elle lancé au milieu de l’Hémicycle. Au lendemain des manifestations organisées devant le ministère de la Justice et plusieurs tribunaux en France «pour demander d’agir en responsabilité et de protéger nos enfants» après un tel drame, Laure Miller a regretté que ses collègues se «renvoient la balle comme des gamins dans une cour d’école» et «cherchent des responsabilités individuelles», faute de parvenir à travailler collectivement. De quoi nourrir l’agacement de la députée Renaissance.
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D’autant qu’elle «imaginait, avec beaucoup de naïveté sans doute, qu’(ils) allaient enfin être constructifs parce que c’est ce que les gens attendent de nous sur un sujet comme celui-ci : qu’on se mette tous autour d’une table pour travailler pour nos enfants.» «Ce n’est pas un sujet politicien, mais un sujet de grande ampleur», a poursuivi Laure Miller, avant de s’«excuser» de «l’image déplorable» renvoyée par le Palais Bourbon. «Il n’y a déjà plus grand de Français qui croit encore à la politique, mais ce qu’on est en train de donner à voir, c’est un désastre», s’est-elle lamentée.
Puis de renchérir : «Si être députée en 2026, c’est ça, eh bien je ne me sens pas députée, je me sens citoyenne et je me sens déçue», a déclaré Laure Miller, avant de recentrer sa prise de parole vers le premier ministre, Sébastien Lecornu, à qui elle demande de prendre le sujet à bras-le-corps. Et de «mettre autour de la table des hommes et des femmes de bonne volonté, capables de mettre de côté leur étiquette politique pour construire».
Certes, privée de majorité depuis le fiasco de la dissolution de 2024, l’Assemblée dispose de marges de manœuvre limitées. Mais Laure Miller veut encore croire que la période qui mène à la présidentielle sera moins «une année de paralysie politicienne» qu’un temps «au service de la protection de l’enfance». Preuve de cette prise de conscience, Yaël Braun-Pivet avait demandé lundi l’inscription à l’agenda du Parlement de la «loi intégrale» transpartisane sur les violences sexistes et sexuelles, cosignée par plus de 100 députés.


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