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Invité mercredi sur RTL, le garde des Sceaux assure vouloir revoir les «méthodes de travail» de son administration après les dysfonctionnements de la Justice mis en lumière par la mort de la jeune Lyhanna fin mai.
Passer la publicité Passer la publicitéGérald Darmanin a pris les devants. Quelques heures avant que Sébastien Lecornu ne fasse savoir, par l’intermédiaire de son entourage, ce mercredi, que les ministres pourraient être privés de vacances si la canicule actuelle venait à se prolonger, le garde des Sceaux a assuré qu’il ferait, quoi qu’il arrive, une croix sur ses congés. Une décision motivée moins par la perspective d’un nouvel épisode de forte chaleur que par l’émoi suscité par la mort de Lyhanna, 11 ans, devenue le symbole des violences sexuelles faites aux enfants et des manquements de la Justice. En témoigne le rapport remis en début de semaine au chef du gouvernement, qui fait état d’«un cumul de pertes de temps et d’une absence de suivi de procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie à l’arrivée de la procédure».
Des défaillances qui ont permis à Jérôme Barella, principal suspect dans le viol et la disparition de Lyhanna, de passer entre les mailles du filet judiciaire, malgré une plainte déposée dès le mois d’août par la mère de Rosa, une fillette du même âge qui l’accuse de l’avoir violée «une cinquantaine de fois». Symbole de ces dysfonctionnements, la procédure avait été adressée par voie postale du parquet de Toulouse à celui d’Auch avant d’être classée par erreur parmi les dossiers jugés non prioritaires à son arrivée. Si de premières sanctions ont été prononcées contre une magistrate et deux gendarmes du Gers, Gérald Darmanin entend tirer les leçons de ces manquements pour accélérer la modernisation de la Justice.
«Entrer dans le 21e siècle»
Invité mercredi midi sur RTL, le ministre s’est engagé à «changer (les) méthodes de travail» de son administration. Et pour cause : aux yeux de l’hôte de la Place Vendôme, elle est encore «à la préhistoire numérique». Pour «la faire passer dans l’ère moderne», Gérald Darmanin assure qu’«il ne faut pas répondre seulement en effectifs», mais aussi par la simplification des procédures. «Malheureusement, le ministère de la Justice n’a pas eu les moyens ou la volonté de changer les choses», a-t-il encore déploré, invitant ses services à «entrer dans le 21e siècle».
«Si on numérise, on n’aura plus besoin d’encre et de ramettes de papier (...) Au moment de l’IA, il ne faut pas répondre en ramettes de papier», a-t-il martelé, avec l’objectif de numériser «les 30 % de papier qui restent» dans toute une série de démarches. Qu’importe si ce chantier, dont il dit vouloir s’occuper «tous les jours», lui coûte ses vacances, Gérald Darmanin entend poursuivre le travail engagé par ses prédécesseurs pour mettre fin à la «clochardisation» de la Justice, qui avait, selon lui, atteint son paroxysme lorsque Emmanuel Macron est arrivé à l’Élysée en 2017.


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