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Admise à l’Université de Regina, elle reste bloquée à Gaza, faute de visa

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Plus de 130 étudiants palestiniens attendent toujours de pouvoir entrer au Canada en raison de retards dans la délivrance de leur visa. Parmi eux, Meera Falyouna, 26 ans, admise à l’Université de Regina, reste coincée à Gaza malgré son financement et son directeur de thèse prêts à l’accueillir.

Tout commence en décembre 2023. Diplômée en génie industriel, Meera vit alors dans une tente à Gaza, souvent déplacée par la guerre, avec un accès limité à Internet et aucune certitude sur le lendemain.

Meera Falyouna assise sur un tas de décombres,

Âgée de 26 ans et originaire de Gaza, Meera Falyouna a été admise à l’Université de Regina, mais son visa tarde à arriver.

Photo : Radio-Canada / Soumis par Palestinian Students and Scholars at Risk

Malgré ces conditions, elle postule pour un programme de maîtrise en génie industriel à l’Université de Regina et reçoit une réponse positive : elle est acceptée avec un financement lié à un projet de recherche et un directeur de thèse prêt à la guider au Canada.

Dans ses démarches, Meera a été soutenue par le Palestinian Students and Scholars at Risk (PSSAR), une organisation qui aide les étudiants palestiniens à trouver des professeurs à l’étranger et prend en charge certains frais d’inscription.

 Ce programme est très compétitif, nous recevons de nombreuses candidatures, explique Eman Almehdawe, directrice de thèse de Meera à l’Université de Regina. L’établissement a accepté entre 7 et 8 étudiants originaires de Gaza cette année.

Eman Almehdawe est professeure à l'Université de Regina.

Eman Almehdawe affirme que les étudiants de Gaza admis à l'Université de Regina sont des étudiants exceptionnels qui dépassent les critères d'admission.

Photo : Radio-Canada / Germain Wilson

Des démarches administratives impossibles depuis Gaza

Or, le rêve se heurte à la réalité des visas. Pour obtenir leur permis d’études, les étudiants doivent fournir des données biométriques – empreintes digitales et photographie – qui ne peuvent être collectées qu’en dehors de Gaza, en Égypte ou en Cisjordanie. Or le poste-frontière de Rafah reste fermé depuis plusieurs mois en raison du conflit.

Depuis, plus de 130 personnes acceptées dans des universités de l’Ontario, de la Saskatchewan et de l’Alberta attendent.  Nous perdons notre énergie, notre santé, notre passion pour les études et surtout notre envie de continuer. Nous avons traversé des épreuves et vu mourir des proches que nous aimions, confie Meera.

Des décombres de bâtiment à Gaza.

Meera Falyouna a été déplacée plus de 11 fois depuis le début de la guerre en octobre 2023.

Photo : Radio-Canada / Soumis par Palestinian Students and Scholars at Risk

Les universités canadiennes tentent d’aider

L’Université de Regina a élargi son programme Project Resilience, destiné aux jeunes fuyant des conflits, pour accueillir les étudiants palestiniens.

L’Université a produit des lettres de financement, offert un soutien financier et accepté de vérifier certains diplômes après l’arrivée des étudiants.

 Nos subventions ont des délais, et nos projets de recherche, des échéances, déplore Eman Almehdawe.

Selon le Palestinian Students and Scholars at Risk, plus de 130 étudiants palestiniens attendent depuis près de 19 mois. Une trentaine ont réussi à quitter Gaza, mais une centaine restent bloqués, faute de visa.  Ces retards prolongés ont des conséquences graves sur leur vie. Deux personnes sont mortes dans une frappe aérienne après avoir été admises , déplore Nada El-Falou, directrice des services aux étudiants au PSSAR.

Les rues de Gaza.

Les 12 universités de Gaza ont été détruites depuis le début de 2023.

Photo : Radio-Canada / Soumis par Palestinian Students and Scholars at Risk

Certaines offres d’université ont expiré, d’autres ont été reportées en Europe où les procédures sont plus rapides. De son côté, Lena Metlege Diab, ministre canadienne de l’Immigration, rappelle que les demandes doivent respecter toutes les exigences et que les données biométriques ne peuvent être collectées qu’une fois les candidats sortis de Gaza.

Malgré ces obstacles, Meera garde espoir.  Nous avons traversé tant d’épreuves pour en arriver là. Nous méritons notre chance , affirme-t-elle avec détermination.

Avec les informations d'Aishah Ashraf

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