La Fête nationale a déjà commencé la veille du 1er Août pour Guy Parmelin. Le président de la Confédération s’est rendu à Renens (VD) pour lancer les festivités officielles, entre bain de foule, discours et hymne national. Accompagné de sa femme Caroline, le conseiller fédéral a été accueilli dans son canton vers 18h15. Après les serrages de main officiels de vigueur, il s’est rapproché d’une des tables hautes installées sur le terrain de Verdeaux pour l’occasion, sous le regard et les téléphones levés de la population renanaise.
Entre deux gorgées de rosé, le Vaudois a pris le temps d’échanger et de prendre quelques photos avec les personnes venues le rencontrer. Ce petit bain de foule a aussi rassemblé plusieurs casquettes rouges «Switzerland Great Since 1291», devenues virales depuis que Guy Parmelin en a porté une lors de la rencontre de l’équipe de Suisse à Vancouver, à l’occasion du 16e de finale de la Coupe du monde contre l’Algérie.
Lire aussi: Sept ministres, un pays… et pas une minute ensemble pour le 1er Août«Soyez fiers de cette Suisse-là»
«Célébrer le 1er Août à Renens, ce n’est pas célébrer une Suisse de carte postale, s’est exclamé le conseiller fédéral lors de son allocution traditionnelle. C’est la célébrer au cœur d’une Suisse vivante, populaire, multiculturelle et urbaine. Même avec un jour d’avance sur le calendrier!» «Renens est une ville forte d’un riche passé industriel. Elle nous rappelle que la Suisse s’est d’abord construite par le travail, par le sens de l’effort et la solidarité de femmes et d’hommes qui ont contribué – simplement – par leur savoir-faire et leur persévérance à assurer la prospérité de notre pays», a-t-il poursuivi.
Casquettes et cravates rouges étaient nombreuses dans le public. — © MARTIAL TREZZINI / keystone-sda.ch
«Assise solide», «diversité basée sur des règles communes et le respect des institutions», la «liberté responsable» et la «démocratie directe» forgent la Suisse, selon l’homme politique. «Soyons fiers de cette Suisse-là: libre, diverse, travailleuse, solidaire envers ceux qui en ont besoin, exigeante quant aux devoirs de chacun», a résumé le président de la Confédération. Vivement applaudi, le discours a été ponctué par l’hymne national interprété par l’ensemble de cors Voix des Alpes. Là encore, plusieurs téléphones se sont levés avec enthousiasme.
Une tournée qui se poursuit samedi
Avant lui, le syndic de la Ville Jean-François Clément, le préfet de l’Ouest lausannois Jonas Kocher, «un enfant de Renens», et le président du Grand Conseil vaudois Patrick Simonin se sont exprimés tour à tour. Des intermèdes musicaux assurés par le Big Band Renens ont rythmé les différentes prises de parole.
Guy Parmelin entouré de son épouse Caroline Parmelin et du syndic de Renens Jean-Francois Clément. — © MARTIAL TREZZINI / keystone-sda.ch
Plusieurs centaines de personnes ont participé aux célébrations vendredi soir, entre drapeaux suisses et autres touches de rouge plus discrètes. L’ambiance était bon enfant, familiale et conviviale. Le président de la Confédération poursuivra sa tournée samedi avec un brunch à la ferme à Hidisrieden (LU), avant de se rendre la prairie du Grütli l’après-midi. Il terminera la journée du 1er Août sur la Côte, à Essertines-sur-Rolle (VD).
Lire aussi: Dernier 1er Août avant la votation sur les feux d’artifice: la Suisse va-t-elle les limiter?Albert Rösti appelle à la confiance
Dans son allocution du 1er Août, tenue vendredi à Fehraltorf (ZH) et Val Müstair (GR), Albert Rösti a pour sa part appelé les Suissesses et les Suisses à faire preuve de confiance face à un monde qu’il juge de plus en plus instable. Si les conflits internationaux, les tensions géopolitiques et le protectionnisme remettent en question les certitudes des dernières décennies, la Suisse dispose, selon lui, des atouts nécessaires pour surmonter ces défis.
Le chef du Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) a dressé le portrait d’un ordre mondial fragilisé. Il a évoqué la guerre en Ukraine, les conflits au Proche-Orient, les tensions avec l’Iran ainsi que leurs conséquences sur les prix de l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et le commerce international. Cette période d’incertitude ne constitue toutefois pas une exception historique, mais plutôt un «retour à la normale», les générations précédentes ayant elles aussi traversé des crises majeures.
Elisabeth Baume-Schneider salue le multilinguisme
La conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider considère la connaissance des autres langues nationales comme un atout majeur de la cohésion de la Suisse. "Le multilinguisme est un des plus grands trésors de notre pays", a-t-elle déclaré vendredi soir à Lucerne. La cheffe du Département fédéral de l'intérieur, dans son discours du 1er Août, a décrit le multilinguisme comme une promesse "que nous voulons vraiment nous comprendre, au-delà des frontières linguistiques et culturelles". Les autres régions et cantons constituent en effet une source d'inspiration.
La Jurassienne a critiqué les tendances observées dans certains cantons alémaniques - notamment à Lucerne - contre l'enseignement précoce du français. La connaissance des autres langues nationales est plus qu'une question scolaire. C'est une condition indispensable à la cohésion nationale, a-t-elle poursuivi. Le multilinguisme constitue également un avantage concurrentiel, car 250 millions d'Européens parlent une des langues nationales de la Suisse. "Quel potentiel économique et créatif!", a-t-elle déclaré.
Pour Martin Pfister, un test de Rorschach
De son côté, Martin Pfister, qui s'exprimait à Rorschach (SG), a comparé l'image de la Suisse au test de Rorschach en psychologie: chacun reçoit la même image, et pourtant chacun y voit quelque chose de différent. C'est là l'une des forces du pays.
"Comme me l'a expliqué un psychologue, le secret du test de Rorschach est de ne pas se concentrer sur les détails, mais sur l'ensemble", a relevé le chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports.
Bien que le tableau mondial puisse être décourageant, Pfister voit régulièrement en Suisse des lueurs d'espoir, notamment dans la solidarité qui s'est exprimée après la catastrophe de Blatten.


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