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Taxe Zucman, condamnation de Nicolas Sarkozy... Autant de sujets qui vous seront peut-être servis avec supplément populiste lors des repas de fin d’année.

Jajah-sireenut / Getty Images
À Noël, comment répondre à ces quatre infox de votre tonton populiste (immage d’illustration)
La loi de Brandolini veut que la quantité d’énergie nécessaire pour réfuter des fake news soit largement supérieure à celle nécessaire pour les produire. Les fêtes de fin d’année ne sont pas pour tout le monde des moments de retrouvailles familiales sereins. Et, vous n’échapperez peut-être pas entre le fromage et le dessert à quelque propos racistes, sexistes, homophobes, mais aussi à des infox populistes.
Si rien ne vous oblige à répondre ou à vous engager dans un débat nauséabond, voici quelques arguments clefs en main sur des débats d’actualité qui ont animé l’année 2025.
« On gagne plus aux allocs’ qu’au smic »
C’est un adage plébiscité de ceux qui dénoncent « l’assistanat » ou les aides dont bénéficieraient les personnes migrantes, venues soi-disant « profiter » des largesses françaises. Selon l’image éculée, on gagnerait mieux sa vie « aux allocs » qu’en travaillant : c’est faux. Selon la toute dernière étude de la Drees : « Quelle que soit la composition familiale, le revenu disponible augmente avec le salaire et il est plus élevé avec un salaire au smic que sans salaire ».
Une personne seule, locataire, et sans revenu d’activité, non handicapée et d’âge actif, disposait en janvier 2025 de 873 euros de prestations sociales (572 euros de RSA et 301 euros d’aides au logement), soit largement moins qu’un SMIC de 1426 euros et de 246 euros de prime d’activité. « Sans revenu d’activité, le revenu disponible d’une famille monoparentale avec 2 enfants est de 1 720 euros, contre 2 544 euros avec un smic », ajoute la Drees.
« Les riches vont partir si on les impose trop »
La taxe Zucman a donné lieu cet automne à une véritable foire d’empoigne sur les impôts des plus riches. Dès l’été dernier, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin martelait qu’une taxation des plus riches les ferait fuir. Or, ce n’est pas si vrai comme Le HuffPost l’expliquait ici.
Un rapport publié discrètement en juillet dernier par le Conseil d’analyse économique, qui dépend de Matignon, montre ainsi que « les ménages avec de hauts revenus du capital s’expatrient relativement peu de France ». Les 1 % les plus riches s’expatrient même deux fois moins que le reste de la population. Plus cette richesse provient du capital, plus la propension à l’expatriation est faible par rapport à ceux qui s’enrichissent par le travail ou leurs pensions. Néanmoins, notent les auteurs, les plus hauts revenus, qui jouent par ailleurs « un rôle important dans l’activité économique de chaque pays », sont ceux qui demeurent le plus sensibles aux changements de fiscalité. En résumé, la situation est bien plus contrastée que l’assertion.
La condamnation de Sarkozy « viole l’État de droit »
La variante dit que des magistrats auraient voulu se venger. Ce n’est pas plus vrai. En septembre dernier, Nicolas Sarkozy a été déclaré coupable d’association de malfaiteurs et condamné à cinq ans de prison avec mandat de dépôt, à effet différé et exécution provisoire, dans l’affaire des soupçons de financements libyens. Concrètement, même en cas d’appel, la case prison était obligatoire pour l’ancien chef d’État.
Selon les chiffres officiels, 83,7 % des condamnés à cinq ans d’emprisonnement ont été incarcérés en 2024, et seulement un peu plus de 3 % ont pu bénéficier d’un mandat de dépôt différé. Pour justifier de ce mandat, énoncé après près de dix ans d’enquête et trois mois d’audience tout de même, la présidente du tribunal a notamment évoqué « l’exceptionnelle gravité des faits », et tenu compte de la précédente condamnation définitive de Nicolas Sarkozy.
L’ancien chef de l’Etat avait par ailleurs beau dire que tout reposait sur un « faux » document de Mediapart, la tribunal l’avait dans tous les cas exclu de ses motivations au moment de l’énoncé du jugement. Quant au document en question, la justice a affirmé par trois fois qu’il ne s’agissait ni d’un faux matériel ni d’un faux intellectuel.
« Emmanuel Macron veut labelliser les médias »
Lors de ses échanges avec des lecteurs de titres de journaux locaux, Emmanuel Macron a évoqué en long en large et en travers les réseaux sociaux, le harcèlement, les addictions, mais aussi la désinformation. En décembre, à Arras, interrogé sur la valorisation des bonnes pratiques, le président s’est notamment dit favorable à un label... qui existe déjà. Il n’en fallait pas plus pour qu’une partie de la droite et l’extrême droite accusent le président de vouloir mettre sous tutelle la presse dans un « ministère de la vérité ».
Comme Le HuffPost a eu l’occasion de l’expliquer, Emmanuel Macron a toujours insisté sur le fait que ce n’était pas au politique de s’en saisir mais bien aux professionnels de l’information « Ce n’est pas à l’État de dire, ceci est une information, ceci n’en est pas », a-t-il martelé mettant en avant un travail que mène déjà l’ONG Reporter sans frontière, intitulé Journalism Trust Initiative, JTI et lancé en 2018. Une certification ISO reconnue en France et en Europe, valable deux ans, qui ne contrôle pas les contenus, mais valorise les entités qui respectent les standards du journalisme.


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