Akram Fahran enjambe les ruines pendant de longues minutes avant d’arriver chez lui. Lunettes aviateur sur le nez, polo bleu marine sur le dos, il s’arrête sur le pas de la porte. «La route passait par la droite. On garait les voitures juste en dessous. La semaine dernière encore, il y avait ici trois immeubles», décrit-il en désignant un amoncellement de gravats. Impossible d’y distinguer les rues des bâtiments.
Dans sa maison centenaire en grès ocre, si caractéristique de Nabatieh, c’est le chaos. Par une fenêtre béante, l’entrepreneur observe les colonnes de fumée qui s’élèvent. «Là, c’est Kfar Tebnit», dit-il en pointant du doigt un champignon de fumée. Les tirs d’artillerie et les frappes de drones détonent à intervalles réguliers. Akram Farhan parcourt ensuite le quartier. «Cette odeur, vous la sentez? Il y a encore des corps sous les gravats», dit-il soudain au détour d’une ruelle.


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