Pieds dans la boue et engoncés dans des bottes en caoutchouc, un petit groupe d’archéologues danse joyeusement bras dessus, bras dessous. La photo décore un mur du bureau de Marc-Antoine Kaeser, directeur du Laténium: «Au début de mes études, je n’étais pas vraiment intéressé par les fouilles. Mais cette association d’activités très physiques et intellectuelles a fini par me passionner.» Si l’on imagine souvent des équipes accroupies au sol pour nettoyer minutieusement le terrain à coups de brossettes, lui choisit les chantiers qui se creusent à coups de pioches et de pelles mécaniques. «J’arrive à m’obstiner, mais je n’ai aucune patience», éclate de rire celui qui est également professeur d’archéologie à l’Université de Neuchâtel.
Ses fenêtres donnent sur le parc du plus grand musée archéologique de Suisse, installé à Hauterive (NE), et sur la réplique d’une habitation lacustre. L’institution qu’il dirige depuis 2007 fête cette année son 25e anniversaire. «Il a ouvert en 2001, lorsque je finissais ma thèse. C’était un moment de grande admiration pour Michel Egloff, qui s’est battu durant plus de vingt ans pour que cet endroit existe et dont il serait certainement très fier aujourd’hui. Mais il n’y avait pas de place pour moi et je l’ai vécu comme un pincement au cœur.» Marc-Antoine Kaeser trouve un poste de chargé de cours à l’Université de Fribourg, puis devient conservateur au Musée national suisse à Zurich en attendant qu’une opportunité se présente.


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