La remarque résume l’atmosphère ambiante. «Les offices de tourisme ou les personnes qui aiment utiliser des images du vignoble pour leur communication feraient bien de se dépêcher pour prendre des photos…» glisse François Montet. Le président de la Fédération vigneronne vaudoise laisse un léger silence avant d’ajouter: «Une fois les ceps arrachés, ce sera trop tard.» Depuis de nombreux mois, le monde viticole suisse fait face à une crise sans précédent, liée à une baisse de la consommation et une concurrence forte des vins importés. Pour tenter d’inverser la tendance, le Conseil fédéral a introduit, fin février, une nouvelle mesure: l’arrachage volontaire de vignes, subventionné par l’Etat, «à condition que l’éventuelle replantation ne se fasse pas avant dix ans». Une mesure qui fait tout sauf des heureux.
«Aujourd’hui, il n’y a aucune solution crédible sur la table par rapport à la crise», tonne Willy Cretegny, le président de l’Association suisse des vignerons-encaveurs indépendants. Lui-même à la tête d’un domaine de 13 hectares, sur la commune de Satigny (GE), il insiste sur le fait que «l’arrachage n’est pas une réponse aux problèmes actuels». L’association qu’il préside n’y est d’ailleurs pas favorable. «Nous faisons face à un problème de stock, de mévente et donc de manque de liquidités des exploitations. L’arrachage ne va pas résoudre ce problème-là. Nous allons nous retrouver en juillet prochain avec des caves toujours pleines et nous nous poserons la question de savoir quoi faire avec la vendange 2026.» Le Genevois estime donc que le fait de déraciner des ceps «est un mauvais signal au niveau du marché». «Nous n’aurons pas les moyens de replanter ces vignes à l’avenir. Ces trous vont rester sur le long terme. Il sera donc impossible de récupérer les parts de marché prises par les vins étrangers.»


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