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90 % des médecins manitobains appuient l’interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes

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Les réseaux sociaux et les agents conversationnels devraient-ils être interdits aux jeunes de moins de 16 ans? Au Manitoba, plus de 90 % des médecins consultés par Doctors Manitoba répondent par l’affirmative.

Dans un rapport publié cette semaine, l’organisme affirme que les professionnels de la santé considèrent désormais les médias sociaux et le temps d’écran excessif comme l’un des principaux risques pour la santé et le bien-être des enfants et des adolescents.

Nous constatons de plus en plus l’impact d’un temps excessif passé devant les écrans et sur les médias sociaux sur la santé mentale, le sommeil et le développement sain des enfants et des jeunes.

Pour ces professionnels, les risques numériques se classent désormais devant la consommation d’alcool ou de drogues, l’inactivité physique et les blessures. Selon le rapport, les médecins associent notamment l’utilisation précoce et intensive des plateformes numériques à des taux plus élevés d’anxiété, de dépression et de détresse psychologique chez les adolescents.

Des plateformes conçues pour retenir l’attention

La majorité des praticiens consultés estiment qu’une interdiction des réseaux sociaux et des agents conversationnels devrait s’appliquer jusqu’à l’âge de 16 ans, voire 17 ans, selon certains.

Pour le Dr Altman, les plateformes numériques utilisent plusieurs mécanismes qui favorisent une utilisation excessive chez les jeunes. Les médecins consultés proposent notamment de retirer certaines fonctionnalités jugées comme génératrices de dépendances, comme le défilement infini, ou bien de renforcer la modération des contenus et de limiter la publicité destinée aux mineurs.

Notre objectif est très simple : veiller à ce que les jeunes puissent grandir en sécurité, en bonne santé et soutenus dans un monde numérique moderne.

Des effets visibles dans les écoles

Du côté du milieu scolaire, le directeur général adjoint de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), Luc Brémault, observe lui aussi des répercussions importantes des réseaux sociaux chez les jeunes. Les médias sociaux font en sorte qu’on est coupé de la réalité, affirme-t-il.

Selon lui, les écoles constatent une diminution des interactions sociales chez certains élèves, particulièrement lorsque les téléphones intelligents occupent une place importante dans leur quotidien. Les jeunes vont se retrouver plus souvent accrochés à leur téléphone qu’à vouloir aller faire des activités avec d’autres jeunes dans l’école, explique Luc Brémault.

À la DSFM, les appareils numériques sont interdits de la maternelle à la 8e année depuis 2023, sauf exceptions pédagogiques. Au secondaire, ils ne sont permis que pendant les pauses et les repas. Luc Brémault estime toutefois qu’un bannissement complet ne suffira pas à lui seul.

On sait que bannir complètement va tout simplement mener à des enfants qui utilisent les outils en cachette, et on ne règle pas le problème pour autant.

Le directeur général adjoint insiste plutôt sur l’importance de renforcer la littératie numérique et d’aider les jeunes à développer une meilleure gestion de leur temps d’écran.

Ça ne colle pas avec nos valeurs démocratiques

Certains spécialistes rejettent toutefois une approche centrée uniquement sur l’interdiction. Professeure adjointe et directrice des comités de programme en éthique à l’Université du Québec à Rimouski, Hazar Haidar, estime que le bannissement des jeunes risque surtout de contourner le véritable problème.

On bannit les jeunes, mais on laisse les plateformes numériques et leur contenu tels quels, déplore-t-elle. Selon elle, les gouvernements devraient plutôt s’attaquer au fonctionnement même des plateformes et renforcer l’éducation numérique.

La chercheuse plaide notamment pour une meilleure régulation des contenus et pour des outils permettant aux jeunes de mieux comprendre les algorithmes, les fausses nouvelles et les mécanismes de dépendance en ligne.

Il ne faut pas responsabiliser les jeunes, les bannir et point. Il faut aller plus loin. Par ce bannissement, les jeunes vont perdre des compétences, mais on les exclut également d'un processus où ils sont des parties prenantes. Donc, ça ne colle pas avec notre société démocratique ni avec nos valeurs démocratiques.

Elle souligne aussi que certains adolescents trouvent sur les réseaux sociaux des espaces de soutien et des communautés qu’ils ne retrouvent pas toujours ailleurs, notamment les jeunes neurodivergents ou marginalisés.

Alors que le Manitoba envisage de resserrer l’accès des jeunes aux réseaux sociaux, une chose est l'objet d'un consensus chez les médecins, les écoles et les spécialistes : les plateformes numériques occupent désormais une place centrale dans le développement des adolescents.

Il reste maintenant à déterminer comment mieux protéger les jeunes, et ce, sans les couper complètement du monde numérique dans lequel ils grandissent.

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