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Titiou Lecoq, Jane Austen, Mona Chollet, Emmanuelle Perrot... À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, voici les livres féministes préférés d'actu.fr.
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Par Alexandra Segond Publié le 8 mars 2026 à 12h45
Vous l’avez sans doute déjà constaté, à actu.fr, nous sommes de gros lecteurs. Que ce soit pour les « Nuits de la lecture », pour le Festival d’Angoulême de la BD ou dernièrement des fêtes de Noël, il y a toujours un livre prêt à être dégainé dans nos discussions.
Dernièrement, c’est la Journée internationale des droits des femmes, fixée au dimanche 8 mars 2026, qui a retenu notre attention (et nos recommandations littéraires). Il faut dire qu’aujourd’hui, les livres féministes ne manquent pas. Voici, selon nous, ceux qu’il faut absolument lire et avoir dans sa bibliothèque.
Léa – Réinventer l’amour, de Mona Chollet
Dans la série des autrices féministes, je demande l’incontournable Mona Chollet : impossible de parler littérature et féminisme sans mentionner cette journaliste et essayiste franco-suisse à l’initiative de nombreux ouvrages sur la condition féminine.
Parmi les dernières publications de Mona Chollet, on trouve Réinventer l’amour, un essai dans lequel elle questionne les relations hétérosexuelles. La séduction, le couple… comment ces concepts peuvent-ils survivre dans un monde où les relations hommes-femmes sont pétries de patriarcat et de siècles de domination masculine ? Comment réinventer le couple, en fait ?

À travers des anecdotes toujours justes et des analyses fines, ce livre permet de repenser l’amour, sans être anti-hommes. A lire absolument si l’on se questionne sur le couple et sur la façon de tisser des relations entre hommes et femmes plus saines et sereines.
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Léa – Peau d’Homme, d’Hubert et Zanzim
Impossible de n’avoir jamais entendu parler de Peau d’Homme, tant cette bande dessinée a fait parler ! Peau d’Homme, c’est une histoire qui se déroule pendant la Renaissance, en Italie : Bianca, fille de bonne famille promise à Giovanni, un homme beau et riche mais qu’elle n’a pas choisi.
Pour s’échapper du carcan du mariage imposé, elle revêt chaque nuit une peau d’homme qui lui permet de changer d’identité et de devenir… un homme, le temps qu’il lui faudra. À travers le personnage de Bianca, devenue Lorenzo, le livre aborde les sujets de l’identité, du genre et de l’homosexualité (en plus de dénoncer le patriarcat qui pèse sur les épaules des jeunes femmes à cette époque-là).
C’est drôle et empreint de justesse à la fois, les dessins sont sublimes et l’on est emporté par l’histoire. Bref, c’est un chef-d’œuvre ! Et peut-être avez-vous eu la chance d’assister à son adaptation au théâtre l’an passé à Paris, avec la talentueuse Laure Calamy pour incarner Bianca.
Laurène – La version qui n’intéresse personne, d’Emmanuelle Perrot
Parce que même les communautés punk violentent et ostracisent les femmes. La version qui n’intéresse personne, c’est littéralement celle qu’essayera de défendre Sacha, quand elle refusera, à plusieurs égards, les avances de son meilleur ami Tom. Mais personne ne l’écoutera, tout le monde lui tournera le dos. Sa communauté, celle pour qui elle vivra, au creux des histoires et récits de chacun, celle qui devait a priori être un soutien indéfectible.
Car avec Tom, Sacha est partie vivre dans le fin fond du Canada, à Dawson City, quittant alors Montréal pour vivre une vie empreinte de liberté. Ils sont un tandem inséparable, eux qui vivent dans une cabane isolée, sans électricité, ni chauffage, quand l’hiver pointe son nez. Le reste de l’année, avec la communauté, le duo vit d’eau fraîche, d’amants, de bières, de bars, d’amis, même si des engueulades surviennent. Ils ont ensemble un chien-loup, Luna.
Les années passent avec Tom. Puis Sacha tombe amoureux d’un homme, au détour d’une promenade. Mais Tom ne l’accepte pas. Personne ne l’acceptera. Personne n’entendra Sacha : après tout, elle n’est qu’une traîtresse…
Alexandra – Mon vrai nom est Élisabeth, d’Adèle Yon
Le livre que j’ai choisi m’a été offert par une amie (grande lectrice aussi) pour mon anniversaire avec ces mots : « J’espère que ce livre te touchera autant qu’il m’a touchée. Il est dur, mais c’est également aux hommages aux femmes. Celles qu’on a détruites et abîmés. Alors mémoire, à nos vies de femmes ».
Le ton était donné et la claque n’a pas loupé : j’ai été happée par cette histoire-enquête. À un âge où elle se pose des questions sur son avenir, sa construction de femme et l’héritage familial, narratrice cherche des réponses du côté de son arrière-grand-mère Élisabeth (ou Betsy), dont elle ne dispose que de peu d’informations, si ce n’est qu’elle a été diagnostiquée schizophrène, qu’elle avait deux trous de chaque côté de la tête et que pour beaucoup de ses proches, elle était un « non-sujet ».

Plus l’on tourne les pages, plus les masques tombent et plus la nausée monte. La colère aussi, de se dire « Betsy, ça aurait pu être moi, ça aurait pu être une amie, ça aurait pu être ma sœur, ça aurait pu être tellement de femmes autour de moi ». Et rien que pour ça, il mérite d’être lu par toutes et tous.
Alexandra – Orgueils et préjugés, de Jane Austen
Après un livre récent, je voulais vous parler l’un de mes romans préférés ever – puisque l’on touche à de la littérature anglaise : Orgueil et Préjugés de Jane Austen. Ce n’est peut-être pas une recommandation très originale, elle n’en demeure pas incontournable, universelle et intemporelle.
Dans la famille Bennet, il y a cinq filles à marier. L’aînée, Jane, peut compter sur sa beauté et sa bonté pour la guider. Mais la cadette, Elizabeth, n’a pas la langue (et l’esprit) dans sa poche et refuse un mariage sans amour et sans parité intellectuelle. Alors, quand elle rencontre le taciturne (et riche) M. Darcy, il la qualifie de physiquement « passable », sa fierté en prend un coup et la guerre est déclarée.
Oui, on nage en plein drama. Oui, les phrases assassines (mais polies, c’est la lisse société anglaise de la fin du XVIIIe siècle) volent dans tous les sens. Oui, on se délecte de cette bataille d’ego et de séduction (tout de même). Mais surtout, on s’attache à une héroïne qui défie haut et fort les normes sociales imposées aux femmes, pour forger son propre destin.
Et si vous voulez changer de la lecture, sachez qu’une super adaptation cinématographique, signée Joe Wright (et avec Keira Knightley et Matthew Macfadyen dans les rôles-titres) est disponible encore quelques jours sur Netflix.
Clémence – Je serai le feu, de Diglee
Je serai le feu, de Diglee, est une anthologie de poèmes écrits par des femmes. La sélection des textes est totalement subjective et basée sur les goûts et les passions de l’auteure.
Qu’importe, le recueil se lit d’une traite, ou se picore au gré des envies et des poésies. L’important, c’est qu’il met en avant une cinquantaine de poétesses, parfois tombées dans l’oubli et trop souvent invisibilisées – triste constat que j’ai pu faire lors de mes études littéraires, où les œuvres étudiées étaient rarement celles de femme.

Petit bonus, Diglee est aussi illustratrice et a choisi d’accompagner quelques textes de superbes dessins. Je serai le feu est donc un double beau livre, entre poèmes et illustrations, qui a toute sa place dans votre bibliothèque !
Emma – King Kong théorie, de Virginie Despentes
En seulement 150 pages, ce récit personnel poignant (son viol à 17 ans après avoir fait du stop) se transforme en manifeste féministe, qui nous révèle brutalement les mécanismes de domination et de honte qui assujettissent le corps des femmes.
Non, un viol ne définit pas l’identité de sa victime. Non, les femmes (soit la moitié de l’humanité) ne dépendent pas pour exister du regard sexualisé des hommes sur elles. Pour elle, la prostitution – et plus globalement la sexualité des femmes – ne doit pas être vue comme dégradante pour l’une et glorifiée chez l’autre.
Mais il n’y a pas que ça : avec le style qu’on lui connaît (des mots crus, des phrases fluides, des formules percutantes), elle décortique et dénonce des normes de genre impossibles à atteindre. Un idéal de femme blanche, « séduisante mais pas pute », « mince mais pas névrosée par la nourriture », etc. À lire absolument !
Emma – Les Grandes oubliées. Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes, de Titiou Lecoq
Êtes-vous bien certain qu’à l’ère des chasseurs-cueilleurs, les hommes étaient des chasseurs, et les femmes des cueilleuses ? Pourquoi pense-t-on qu’à part Olympe de Gouges, les femmes n’ont pas fait la Révolution ? Aurait-on volontairement omis les preuves du contraire ?
Dans son essai chronologique Les Grandes oubliées, Titiou Lecoq démonte les idées reçues sur le rôle des femmes à chaque grande époque de l’Histoire. Celle qui a été écrite par des historiens (des hommes, donc), dont le travail est fatalement ancré dans un contexte où les préjugés misogynes sont bien présents.
On y découvre des portraits passionnants de penseuses, artistes, scientifiques ou souveraines, qui élargissent notre horizon au-delà de celui que nous ont donné les manuels scolaires, là où ces derniers leur laissent encore si peu de place.
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