L’année 2026 a bien mal commencé avec l’horrible drame de Crans-Montana impactant trois cercles concentriques de personnes concernées associés à trois temporalités différentes. Au centre («Abandonnez tout espoir, vous qui entrez ici», écrivait Dante dans son Enfer), se trouvent les grands brûlés dont le corps portera à vie les stigmates de cette soirée maudite, pris dans un engrenage de douleurs, d’interventions chirurgicales et de handicaps. Courage à eux. Au même niveau, les parents, les frères et sœurs, les grands-parents des jeunes victimes vivent un calvaire au-delà du dicible. L’intensité de leur souffrance s’atténuera peu à peu, mais ils ne guériront jamais non plus. Pour ceux-là, c’est la perpétuité.
Dans un deuxième cercle, les institutions sont et seront impactées. La commune portera la responsabilité de la catastrophe, car tout semble prouver qu’elle a failli à ses obligations légales par un concours de circonstances qui reste à éclaircir, et ses édiles sont montrés du doigt. Le canton du Valais voit également sa réputation abîmée, ravivant les stéréotypes qui lui collent à la peau, du laxisme au copinage, en passant par un entre-soi malsain. Quant à la Suisse, son image de pays sécuritaire est écornée, car nul à l’étranger ne conçoit combien la subsidiarité y est strictement appliquée. A ce niveau institutionnel, la temporalité ne devrait pas dépasser une décennie avant que les conséquences morales et juridiques de cette nuit de cauchemar ne s’effacent et que tout rentre dans l’ordre.


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