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À près d’un mois du 1er juillet, l’administration Martinez Ferrada octroie 3,4 millions de dollars sur trois ans à l’Office municipal d'habitation de Montréal (OMHM).
Cette somme permettra d’offrir davantage d’hébergements temporaires en hôtels pour les ménages qui ont perdu leur logis, ainsi que pour le déménagement et l'entreposage de leurs biens. Elle financera aussi l’embauche de nouveaux employés dans l’équipe de recherche au logement à l’OMHM.
On ne peut pas se permettre que personne ne soit à la rue. [...] Et pour ça, il faut fermer le robinet pour s’assurer que personne ne se retrouve sans soutien, dit la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, en conférence de presse.
Les locataires peuvent appeler au 211 et au 311, explique-t-elle. On prend le temps d’analyser les besoins pour offrir l’aide nécessaire, ajoute Rouzier Metellus, directeur par intérim du Service de la gestion des milieux de vie à l’OMHM.
L’an dernier, ce sont plus de 2300 ménages à risque de se trouver sans logement qui ont fait appel à l’OMHM à l’approche du 1er juillet. Encore cette année, l’Office s’attend à des données semblables, même si le taux d'inoccupation des logements locatifs est passé à 2,9 %.
Plus de 500 ménages ont demandé de l'aide depuis le début de l'année
Quelque 510 ménages ont demandé de l’aide depuis le début de l’année. Près du tiers (181) des dossiers sont toujours actifs. Et certains sont hébergés. On s’attend à ce que ça augmente rapidement dans les jours à venir, dit M. Metellus.
Pour la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme, c’est la preuve que davantage de logements, s’ils ne sont pas abordables, ne résorbent pas à eux seuls la crise.
Signe de la crise d’abordabilité : à Montréal, lors du dernier trimestre de 2025, le loyer demandé pour un appartement de deux chambres était de 1920 $, une hausse de près de 71 % par rapport à 2019, selon les données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).
Les logements abordables, qui sont les plus fortement demandés, sont ceux qui ont connu la plus forte augmentation et qui connaissent le plus bas taux d'inoccupation. Et, toujours selon la SCHL, le prix des loyers a connu une plus forte hausse cette année à Montréal qu’à Toronto et Vancouver.
Cette année, la hausse de loyer recommandée du Tribunal administratif du logement est de 3,1 %.
Des « locataires au bout de l'élastique », selon la FRAPRU
Après des années de pénurie, des locataires arrivent au bout de leur élastique, dit Véronique Laflamme. Certains ont payé leur loyer trop cher, par manque d’options. D’autres sont dans des colocations difficiles. Des familles s’entassent dans de petits logements, par incapacité de trouver plus grand, image-t-elle.
Près d’un ménage sur deux est à 200 $ de l’insolvabilité, rappelle Benoît Rullier, coordonnateur du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ) en entrevue à l’émission radio 15-18. La clause G, qui permet de connaître le montant du loyer payé par le dernier locataire, n’est utilisée que dans 20 % des baux, ajoute-t-il.
Plus que jamais, les mesures d’aide d’urgence sont nécessaires pour éviter que l’itinérance n'augmente, mentionne Mme Laflamme. Ce sont 12 000 Montréalais qui sont en situation d’itinérance visible selon le dernier dénombrement de la Ville.
Ça reste le dernier recours, temporaire. Ce qu’on demande, c'est des mesures structurelles comme le contrôle des loyers, des logements abordables, dit M. Rullier. Favorable à l'annonce, le RCLALQ et la FRAPRU demandent le contrôle de loyers, des constructions de logement abordable et que la ville reconnaisse que l'accès au logement est un droit.


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