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La saison de la pêche au homard à Anticosti débute le 15 mai dans la zone 17B, à l’extrémité est de l’île. Dans ce secteur isolé, pêcheurs traditionnels et autochtones se partagent une ressource de plus en plus abondante.
C'est une aventure qui exige une logistique impressionnante pour les équipages appelés à vivre en mer pendant près de 11 semaines.
Sur le quai de Grande-Rivière, l’équipage du Steady Rollin s’affaire aux derniers préparatifs. Dans quelques heures, le bateau mettra le cap plein est, direction l'île d’Anticosti. Quinze heures de navigation avant d’atteindre cette partie reculée du golfe.

Mathieu Langlois à gauche et le capitaine du Steady Rollin Brandon Leblanc
Photo : Radio-Canada
Mathieu Langlois est aide-pêcheur, mais à bord, il porte aussi le tablier de cuisinier. Boîtes d’épicerie à la main, il organise méthodiquement les provisions pour nourrir l’équipage pendant plusieurs semaines.
J’ai fait une grosse épicerie. D’après moi, je suis bon pour un mois, un mois et demi de bouffe, lance-t-il.
Chaque morceau de viande est déjà réparti par repas.
J’ai environ une quarantaine de soupers, peut-être un peu plus. Pour les dîners, c’est plus relaxe : sandwichs, sous-marins. Mais après une grosse journée de travail, ça prend un bon souper pour refaire le plein d’énergie. C’est bon pour le moral!
Car une fois sur place, les occasions de ravitaillement sont inexistantes. À l’extrémité est de l'île d’Anticosti, il n’y a ni usine de transformation ni quai pour accoster.

Brandon Leblanc pêcheur de homard
Photo : Radio-Canada / Bruno Lelièvre
Originaire de Pabos, Brandon Leblanc agit comme capitaine du Steady Rollin, un bateau de 50 pieds de long sur 28 pieds de large appartenant à la Nation de Gespeg. Un permis exploratoire y est rattaché.
C’est une grosse organisation. On apporte le maximum de pièces de rechange, de bouffe. Tant qu’il n’y a pas de blessés, on reste là-bas le plus longtemps possible pour pêcher, explique-t-il.
En mer, l’autonomie est essentielle. L’équipage doit composer avec les imprévus, loin de tout service.
On est équipés d’ancres, d’un zodiac. On pêche avec des lignes de 14 bacs pouvant contenir jusqu’à 100 livres de homard chacun. On a aussi des cales à eau qui peuvent garder entre 16 000 et 17 000 livres de homards vivants à bord.
Malgré l’isolement, les communications ont grandement évolué au fil des ans.
Maintenant, on a un équipement satellite. Ça change tout. On peut parler avec le monde à terre, recevoir les données météo… Regarder les matchs du Canadien aussi?, répond Mathieu Langlois en souriant.
Cette année, 27 permis de pêche exploratoire seront attribués dans la zone 17, le secteur de l'île d’Anticosti.


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